La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

L.\. REVUE SOCI.\.Ll:STE ù ce qu'on appelle la solution sociale, car je ne pense pas <1u'ily ait une recette pour guérir, d'un coup, l'humanité des maux et des inir1uités dont elle souffre, et <1uisont le résultat d'un long passé de violence, d'usurpation et de mau rn is gou ,·crncmcnt. Les améliorations ne peu ,·ent se faire quc lcntcmen t, progrcs,;i,·cmcd, et ce serait déja beaucoup si l'on pou, ait voir se généraliser 11nciustituliou qui maintint un partage plus égal de la propriété et mît obstacle au paupérisme et à l'ahandon des campagnes. l\Tais, objcl!Le-t-on, l'humanité ne rcmetka pas eu ,·igueur les coutumes ar- <'haïques qui raradériscnt les débuts de la civili:,ation. On peut répondre que la démocratie cl le gouvernement <lirect, qui semblent être le deruier terme de l'érnlutioo actuelle, sont un retour à l'orgauisation politique des sociétés primili\'es. Jlulta quœ cecide,,e renascentur. Un peu au-dessous de l'exposé ci-dessus, les conclusions d'Émile de lAlYclcyc sont les suivantes : 1• La diffu»ion de la propriété (parmi le plus grand nombre possible de famille,) den'ait ,·tre encouragée, eu premier lieu, par la di,·ision des héritages, ensuite en donnant toute facilité et :,écurité à la vente de la pt·opriété foncicre. 2• Xous pounions emprunter aux f:tats-Unis et à la Serbie la loi de l'llome- ,,teaù, qui g·arantit aux familles la consenation d'une petite propriété suffisante pour les faire sul)o.ister. 3° La propridé communale devrait être re('onstituée au moyen d'un impôt sur le. SttlTCssions, et les pays <1uiont des icrres publi,1ues tlevraicnt les céder à terme au lieu de les aliéner ù perpétuité. ,1° La commune économir1ue dcrrait être reconstituée au moyen de l'Allmend, comme cela s'est maintenu en Suisse depuis les temps les plus reculés. 3• La taxe foncicrc den-ait C"tre imposée et re,·isée de temps en temps, de telle fa<;ou que l'arcroissement du rc,·enu, qui résulte de l'énergie et du progrcs <le toute la société, profilùt au moins en pa1·tie à l'Üat. 6• Une compen,:;ation derrait être donnée par la loi au locataire pour toutes les améliorations non épuisées. S'il est timide clans la solution proposée, Emile de Laveleye n'en a pas moins été le plus efficace auxiliaire des collectivistes en faisant ressortir, avec une puissance et une éloquence insurpassée, le caractère éYolutif des formes propriétaires. Plus pressé <leréaliser, Henry Georges se préoccupe beaucoup plus d'utilité sociale que d'histoire; néanmoins, son œuvre maitresse, P1·og1·ess cmrl Pouel'ly, balance l'œune maHresse de Lavcleye. Henri Georges, né à San-Francisco, est, ùit-on, d'o1'igine irlandaise; il est en tout cas l'un des chefs du grand parti socialiste irlandais de l'Amérique du Nord, qui, par le Pai·ti du Trauail (Labor Pm·tu) et les Chevaliers du Trcivait (Knights of Labo1'), a groupé plus d'un million de militants actifs. Les débuts du réformateur, fils de prolétaires, furent laborieux et pénibles; il était mousse à l'âge de quinze ans, puis devint ouvrier typographe. Ce ne fut pas pour longtemps; à force de travail, il était devenu un économiste original et érudit, un écrivain mouvementé et entrnînant.

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