LA RE\.UE SOCIALISTE ple, sous le nom de fwnilles-souches, aux anciennes agglomérations patriarcales (1) et aux servitudes intellectuelles, familiales, politiques et économiques que ce mode condamné et réprouvable comporte. Il en est qui voient le salut dans une simple extension de la culture intensive (2). Restreignant ses proposition· à la France, la Ligue agraire fondée par M. Fernand Maurice (3) estime que la distribution en allotissements de jouissance des cinq millions d'hectares de biens communaux et nationaux aurait raison de la misère agricole et industrielle ; nous ne sommes pas si optimistes. La proposition de M. Toubcau, auteur de lu Répartition métrique des impôts, est d'ordre plus général. Partant du principe que toutes les terres sont également fertiles, quand elles sont l'objet d'une culture intensifiée, M. Toubcau propose de frapper toutes les terres d'un impôt uniforme de 25 francs l'hectare, et d'accroitre rapidement cc taux au fur et à mesure des progrès de la culture jusqu'au taux de 200 francs par hectare. A cette proportion l'impôt foncier constituerait une véritable rente sociale de 10 milliards par an pour la France, somme suffisante pour supprimer l'ignorance et la misère. Si l'on en croit son auteur, rimpôt métrique, en contraignant les propriétaires à la culture intensive, aurait en outre pour résultat de quadrupler la production agricole. Abstraction faite de la terminologie et du mode d'application, la proposition Toubeau, qui vise, en fin de compte, le remplacement de tous les impôts par l'attribution à l'État d'une contribution foncière atteignant les proportions d'un véritable fermage, aboutit à une sorte de collectivisme agraire et se rapproche ainsi de la célèbre donnée d'Ilenry Georges, dont il sera question ci-après. Fichte prenait les choses de plus haut, lorsqu'il disait, au commencement du siècle : « Nous arrivons à une organisation sociale de la propriété; elle perdra son caractère exclusivement privé pour devenir une institution publique. Jusqu'à présent, l'État n'a eu d'autres devoirs que de garantir à chacun la paisible jouissance de ce qu'il possède. Désormais, le devoir de l'État sera de me'ttre chacun en possession de la propriété à laquelle ses besoins et ses capacités lui donnent droit. (1) F. Le Play et son école extraordinairement puissante dans le monde consen·ateur. (2) A. DESMOUL1i-;s 1 Coloni!:lonsla France; E. S11\ION, la Cité chinoise. (3)Auteur de la. Rr!Jo1'meayrairc en France et ancien rédacteur en chef de ia Te,·re aux paysans.
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