L'ÉVOLUTION DE LA PROPRIÉTE ET LE SOCIALIS~IE 447 agronomes les plus auto1·isés, malgré les résultats obtenus par quelques communes au dix-huitième siècle et fort goûtés de nos jours (1), les propriétaires n'ont pas voulu accepter le principe des 1·éunions territoriales, contraires à l'instinct atavique de la propriété. Tout l'actif de la commassation au point de vue pratique est contenu dans l'initiative, d'ailleurs couronnée de succès, de M. de Gorce dans la Meurthe sur une étendue de 13,762 hectares répart.is entre 25 communes. M. de Gorce n'a pas eu d'imitateurs, et avant que les intéressés se soient décidés ils auront été dépouillés par l'oligarchie financière. VI DE LA PROPRIÉTÉ SOCIALE Dominé, à son insu, par une accumulation d'instincts ataviques qui se sont transformés en habitude de sentir, de penser et d'agir, l'homme se rebelle longuement contre les novations les mieux justitifiées. Ce n'est qu'après de longues périodes de contournement que, , pour faire place aux réalisations depuis longtemps rendues nécessaires, les bourgeonnements de la vie nouvelle font éclater les vieilles formes devenues trop étroites et par conséquent niJ.isibles à l'organisme social. Avant d'accepter l'inévitable transformation, que de tentatives insensées de rajeunissement des institutions 'épuisées; comme si de l'arbre tombant de vétusté on pouvait attendre des fructifications nouvelles! Maintenant l'iniquité, la nocuité et l'instabilité de l'appropriation individuelle du sol ne sont plus à démontrer, et pourtant combien de bons esprits reconnaissent le mal sans voir que le remède est dans la transformation collectiviste qui couronnera le surgissement des conditions économiques nouvelles ! Tels croient supprimer te malaise social par le retour pur et sim- . (1) Des 1697 les habitants de Rouvres, près Dijon, s'étaient entendus pour remanier leurs parcelles. François de Neufchâteau, cité par M. de Foville, rapporte que « l'arpenteur Fougeray divisa toutes les contrées du ban en sections aboutissant toutes sur des chemins ... 5,000 journaux de terre divisés en un nombœ infini de petits champs et appartenant à 300propriétaires furent réunis de manière àne former que_400 à 500 pièces de terre"· Par le bienfait d'un tel travail, le territoire est devenu à la longue comme une espèce de jardin, et rien n'est plus admirable que la variété des cultures qu'on y aperçoit aujourd'hui. Il en fut de même en Lorraine en 1763 et en 1773: le remaniement fut fait par l'accord unanime des • syndics, habitants, propriétaires et autres ayan\15droit». {Bonornn., la Vie de, ,ociétés.)
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