La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

4.42 LA REVUE SOCI.\LISTE En 18SG,:\1. Ruùolf Meyer pouvait écrire clans l'.1ssociation c1itlwlirp1e : « L'union américaine, par le nombre de ses lati(undin. est ani,·ée à. une situation qui rappelle celle de l'ancienne Rome. Le nombre des fermiers dont le nom était inconnu il y a quelques années s'est élevé à 1,Joû,000, et sur sept millions d'agriculteurs il y a plus de (1uati·e millions de non-propriétaires. Et le domaine public ou sol disponible est presque épuisé. )) Ici, le fléau de la grande propriété est aggr:wé par l'anonymat et la main-mise <les capitali tes étrangers. Cc fait mériterait <les développements que nous ne pouvons fournir dans un court chapitre. Pour ne parler que des sociétl:ls étrangères, nous trom·ons la compagnie hollandaise propriétaire de 't,500,000 act·cs, le syndicat général anglais du l\lissis ipi 1,800,000 acres. Parmi les grall(ls propriétaires étrangers, citons encore sir Edward Reill, qui possècle 2,000,000 d'acres, le marquis de Truc;dok 1,800,000 acres, etc. Ccc;iappelle une réflexion. Le patriotisme des classes dirigeantes est toujours le même. C'est avec le concou1·s empressé <lesbanquiers vénitiens et florentins que la Hollande fonda au dix-septième siècle son empire colonial et créa l'incomparable flotte marchande c1uiruina à jamais les républiques i talienncs, notamment Yenise et Florence. Lorsque les divinités carthaginoi ·es descendirent sur les rives de la Tamise en s'affublant de vêtements bibliques, les capitalistes hollandais n'eurent de complaisance et d'or que pour les entreprises anglaises, qui, étant ainsi aidées, tuèrent en moins d'un demi-siècle le commerce hollandais. En cc moment, où l'agriculture européenne et notamment l'agriculture anglaise et française sont si durement éprouvées par la concurrence asricolc américaine, ce sont les capitalistcc:; anglai<:, hollandais, allemands et français qui fournissent, en première ligne> aux agt·iculteurs américains les moyens d'évincer les agriculteurs européens des marchés du travail. Tant il est vrai que le capital ne connait pas de patrie et ne va (lu'aux plus gros bénéfices. le:; 52,8.37,L9!lhectares eontenw, Jans le territoire fran,;ais la, distribution suivante: 1• Petit faire valoir <lirect inférieur à G hectares. Contenance en hectares (petite propri6té).................. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4,000,000 i• Grauù faire rnloir direct sup6ricur à .3hcdarcs............. 15,380,0SU 3• Terres occupées par des fermiers.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8,U5 3,118 l• Terres occupées par des métayers.................. . . . . . . . . . 4,:;39,3:!i 5• Territoire non cultivé composé de forêts, lan<lcs et prés inrultes, saYoir: .\ l'ttat et aux communes ..................................... . .\ la granùe propriété privée ................................. .. .\u territoiie non défini ........................................ . 6,D:!0,711> 12, 153,0!l~l 1,810,855

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