L.\ RE\"UE ~OCI.\LISTE la population des campagnes. Les souffrances, les émigrntions, l'abandon se ::-ont proùuits surtout dans les pays de petite culture. » Le morcellement a <l'autl'es désaYantages si visibles et si funestes que Je;; plus tena<;es admirateurs du Co<le ci,·il ne peuYent s'empêcher de les signaler. ccDepuis un demi-siècle, la loi sur le partage forcé a poussé jusqu'il l'o.bsur<lela di,·ision des propriétés; elle a dévoré en licitations et en frais de justice une notable partie du capital acquis, elle a déjà défait peut-être un million de fortunes au moment oü elles comment;aient à se faire ... Le père fonde une industrie et meurt. Tout est vendu et partagé, la maison ne sur,,it pas à son maître. l' n fils a du courage et du talent: avec une petite pal't du capital paternel, il fonde une autre maison, réussit, devient pl'esque riche et meurt; nouveau partage, nouvelle destruction; tout est à recommencer sur nouveaux frais; un nai travail des Danaïde . L'agriculture en souffre, l'industrie en souffre, le sens commun en rougit 11). » ~lais si tout le corps social souffre les usuriers engraissent. C'est là un nouYeau fléau; la petite propriété ploie sous le fardeau des dettes hypothécaires qui ont suivi la progression suivante: DcLtc hypothécaire de 1820... . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . S milliards. de 1840........... . . . . . . . . . . . . . . 12 de 186;.................... . . . . . lti de 1887.......................... 20 Cela représente plus de douze cents millions de rente que doivent payer Jes cultivateurs exténués, et pour presque tous les petits la ruine à courte échéance, car, ainsi que l'ont très bien dit deux publicistes du parti socialiste conservateur, « la grande proprièté n'a besoin que de liberté pour croitre, tandis qu'a.,·cc cette même liberté la petite propriété disparait t2) ». Comment, en effet, le petit pl'opl'iétaire pourrait-il lutter avec le grand agriculteur qui a la chimie, la mécanique et la concentration du travail à sa disposition (3) ? En Angletel're, la dépression des petits propriétaires est chose accomplie. Au onzième siècle, apl'ès la conquête normande pourtant (1) Edmond AoouT, le Pro9rès. (2) Rudolf l\lEYER et Gabriel ARDANT, le Mour,ement a9rai1·e. (3) La preuve est faite et si bien faite que les blés américains (produits de la grande culture) en,•ahissent déjà les marchés européens, et même, frappés en France d'un droit de 5 francs l'hectolitre, ils font une concurrence redoutable à nos cultivateurs.
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