L'ÉVOLUTION DE J_,A PHOPRIÉTÉ ET LE SOCIALISME 439 les terres nouvellement abandonnées à l'inculture, et vous arriverez à des chiffres véritablement effrayants. Pour le seul département de l'Aisne, le marquis de Dompierre, en se servant d'un rapport officiel, arrivait aux constats suivants: 1 ° Terres dont la culture a été abandonnée dans ces dernières années et qui sont actuellement en friche. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 727 hect. 2° Terres délaissées par les exploitants et que les propriétaires ont dû cultiver par eux-mêmes. . . . . . . . i .12-i 3° Terres abandonnées au cours du bail par faute de la ruine de l'exploitant. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6. 975 11.826 hect. M. Trésor de la Roque confirme (1) en étendant la démonstration. « On ne compte plus, dit-il, les terres en friche et les propriétés délaissées. Les officieux contestent le dommage, comme ils contestent d'autres vérités déplaisantes, mais les preuves abondent et se multiplient tous les jours. Dans un seul arrondissement de l'Aisne, 167 propriétés ne sont plus cultivées par le fermier, et ne sont pas reprises par le propriétaire ; dans un autre arrondissement de l'Aisne, 123 fermes se trouvent dans le même cas. Dans dix départements du Nord et du Nord-Est, les fermiers, découragés, abandonnent la culture. Le fermage d'une terre appartenant à l'hospice de Laon a été mis en adjudication récemment; aucune offre n'a été faite, aucun fermier ne s'est présenté. La crise s'étend de proche en proche et pénètre dans le Nord-Ouest. La crise a banni la vie de ces foyers déserts ; sur les fermes incultes, les loyers de la terre ne se renouvellent plus. Pour les propriétés que le fermier cultive encore, la réduction varie du tiers au cinquième dans les baux passés depuis trois ans. Et la crise n'est pas limitée à une zone. Les départements de l'Ouest et du Sud-Ouest ne sont guère moins éprouvés que ceux du Nord. Dans le centre même, moins directement exposé aux effets de la concurrence, la crise sévit également avec intensité. Les propriétés de la Limagne d'Auvergne, louées ou vendues récemment, ont vu baisser de près d'un quart leur revenu ou leur valeur. Les députés de la majorité se consolent en disant que la crise ne pèse pas sur la petite culture ; mais ce n'est encore là qu'une décevante illusion. La petite propriété n'est pas frappée moins rudement que la grande, et ce qui le prouve, c'est qu'en 1882on vient de constater pour la première fois, dans un recensement quinquennal, une sensible diminution dans les chiffres de (lJ Dans le Correspondant du 25 janvier 1883.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==