432 LA HEVCE SOCIALISTE Voici maintenant un exemple moins connu, quoique plus près de nous: « Il n'y a guère plus d'un demi-siècle, la propriété sarde était ainsi organisée : une grande partie du sol appartenait à la commune, <1uila louait aux particuliers, mais aYec les restrictions suivantes : le propriétaire ne pouvait cultiver sa terre qu'une année sur trois ; pour les deux autres années, elle était comprise dans les pàturage:; communs. Lorsque, en 1820-18:23, le goU\·ernement piémontais imposa aux Sardes la propriété individuelle, il rencontra chez ces derniers une Yive résistance ( l). <<Les nrnssei·ies de la province de Corno, qui s'en vont peu à peu, offrent également d'intéressants vestiges des anciennes unions communautaires de familles groupées et rappellent, par leur organisation, les {l'rtlemilés françaises. « Une (mlernité ou (eti était une communauté d'habitants, une petite république avec son président électif ou réYo<:able,une association de 30 ou 1.0familles, plus ou moins Yivant ensemble, d'une vie commune et exécutant en commun la culture de la terre qu'il eût été impossible à des êtres isolés d'accomplir seuls et sans secours. « Les associés prenaient le nom de parsonniers, du vieux mot fran<;ais pal'çon. On vivait, on mangeait ensemble, au même chrmleau, au rnèrnc pain; 011 était compani, compciing, copain, comme on dit encore (et d'où vient le mot compagnon) à commun pain, sel et dépense ..... en un mot il y avait clemeiimnce el dépense com,mune. Chacun apportait ses biens au fait commun de l'hotel (2). » Il reste encore des débris de ces fralernités; telles sont les conimunaiités des Jcmlt, des Pingons, des îlots bretons d'IIœdic et d'Houah, les associations semi-communautaires du Jura, etc. La persistance de ces formes collectives, d'origine sen·ile pourtant, puisf1u'elles proYenaient d'octroi à cens par les seigneurs <1ui y voyaient un moyen d'accroitre le taux et la régularité des redevances, marque bien l'efficacité de l'esprit d'association, Beaucoup de ces communautés de cultivateurs devinrent, en s'agrandissant, de véritables communes .. \.lors elles se désagrégèrent en partie, reYinrent à la propriété individuelle pour les acquisitions nouvelles; mais l'ancien fonds resta collectif, et c'est ,ainsi que furent constitués la plupart des biens communaux qui s'étendirent sous l'ancien régime sur une superficie de près de quatre millions d'hectares, en pacages et en bois pour les neuf dixièmes. Si le gouvernement révolutionnaire, lorsqu'il reprit, avec justice, (1) llistoire dtt Socialisme, tome I••. (2) E. BoNNï,11ÈnE, Histoi,,e des paysans.
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