La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

iJ0 L.\ RE\'UE SOCIALISTE longtemps qu'il satisfait, lui ou ses camarades, aux conditions déterminées par l'wlal, la coutume. S'il cesse de les remplir, le droit <le jc,uissance revient à la communauté de la Dessa. Une pal'tie du <lomainecommunal est réservé aux d1efs et aux prêlres; mais ceuxci sont chargés d'entretenir au moyen du produit <le leur part la mosquée, les infirmes et les vieillards. Le souverain a des terres en apanage pour son entretien; mais il ne peut les aliéner. Tout le sol est concédé par lui en fieî aux occupants moyennant <lesredeYances en nature et en corvées (1). Si puissante est d'ailleurs la forme collectiYe de la prnpriété que, malgré le néfaste triomphe <ludroit quiritaire, le moyen à!;e et les premiers siècles de l'ère moderne ont vu de nombreuses formations de collectivisme partiel, filles évidemment des nécessités économiques. Tels sont, dans la forme familiale, les :;;adntga serbo-croates, les coupchina bulgares; dans la forme communale, le mù russe (2). Analogues ù la :;ml l'll[Jrt sont les !fous-Commun iomen de la haute Autriche. En Roumanie, la propriété, redevenue collective, serait restée telle jusqu'à l'invasion turque (13U:3). En Dalmatie, les :;;adn1gane flu·ent détruites qu'en 180'L par ~Larmont, sur l'ordre exprès de Bonaparte; en Bosnie et en IIerz<·govine, elles résistent encore aux tracasseries des occupants autrichiens. Il va sans dire que ln Turquie ne connaît guère le droit c1uiritaire ; les biens y sont de quatre sortes: biens 1nil'i, dont le sultan a le domaine éminent, mais <ru'ilpeut aliénel'; biens vokou{, propriétés collectives dont le revenu . est affecté aux besoins du culte et de l'assi tance publique; biens m,é vat, terres c, hots do la portée de la voix », non cultivées encore et (1) E. ,m L\VEI,EYE, loco citato. (2) Le,, meilleurs <lcscl'iptions du mir ont été donnée,; pal' F. Le Play (les Oiu:l'ie,·, ew'opéea.~, M. de Lavcleye (Dl' la p,,opriété et de ses Jonnes pri milice~, ~I. ~lackensic \Vallacc (la Russie. Son orga.ni::,alion peut èt1·cbribement résumée ain,:;i : « Le sol cultivable de la commune appartient à une association formée <le tous les chef::. <le l:i famille. Le mir constitue une per::.onne civile propriétai1·c du sol, agent responsable vis-à-,·is de l'Et:it, de l'impôt et <lurecrutement. Il se gouYcrne <le fa<;on très indépendante. Son pournir c::,t tré,; grand, pui-;qu'il peut aller jusqu'à condamner à la déportation en Sibérie un de ses membre,-, L'unité du mi1·est la famille ou l'agglomération <les fa.milles vivant sous le même toit; les membres màles sont copropriétaires. lb peuvent endetter ou Yendrc la terre, mais seulement avec le consentement de tous; ils peuvent dissoudre la communauté avec une majorité <les deux tiers. Ils élisent leur stcw?I, à J:i, majorité. Les membres sont soliuaircment responsables de l'impôt. On partage périodiquement les terres entre les familles <l'a.prés la force <le travail et le,; besoins de chacune. C"neveuve avec <le petits enfants incapables de cultiver la terre n'en reçoit pas; mais quaùd ses enfants auront l'âge <l'homme, ils retrouveront leur part. " (H.. JIIErnR et G.. \rtoA:-.-r, La Question agraire.)

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