La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

L'ÉVOLUTION DE LA PROPRIÉTÉ ET LE SOCIALIS;>.fE 429 dia de la féodalité portugaise (1). Il y a eu même des survivan1;es collectivistes plus tenaces: telles sont les Township écossais, les Baile gaélilrucs, et surtout les Allmenclen hcl vético-germaniques dont Emile de La,·cleye nous a donné les si saissis antes descriptions lJ uc nous aurons ù rappeler. Dan· tous les pays restés celtes de l'Angleterre (Irlande, Ecosse, Pays de Galles), les formes collccti vistes furent toujours si vin1.ccs que le gouvernement anglais put s'attacher les chefs de clans en lem· asservissant les hommes et en leur livrant les terres du clan. En Ecos ·e l'unique mesure ne fut prise qu'en 171.5, après la bataille de Culloden. , 'il en était ainsi tant de siècles après la conquête normande, et nous pom·on. croire sur parole Rudolf ::\foyer et Gabriel _\.rdant, nous disant dans leur liHe le 1\foiwement a91·aii'e : « Les premières formes sociales de AngloSaxons furent le village et la communauté des terres dont la portion arable était également répartie chaque année, » à plus forte raison en était-il de même avant. Mais revenons aux su1·vivances collectivistes, dont la plu· remarquable est celle que M. de Lavcleyc a si con cienciensement étudiée. << Les propt·iétés communales, dit-il, s'appellent dans la Suisse primitive allmenclen, cc qui parnit signifier qu'elles sont le domaine commun de tou . « Dans un sens commun, le mot allmencl désigne seulement la partie du domaine indivis <1ui,située près <luvillage, est livrée à la culture. « Le domaine commun se compose de trois parties distinctes : la forêt, la prairie et la terre cultivée. « Pour avoir droit à une part de joui sance du domaine communal, il ne surnt pas d'être dans la commune, ni même d'y exercer le droit de bourgeoisie politique : il faut descendre <l'une famille qui avait ce droit depuis un temps immémorial, ou tout au moins dès avant le commencement de cc siècle. C'est l'hérédité collective basée sur l'hérédité dans la famille; c'est-à-dire que la descendance dans la famille usagère donne droit à une part de l'héritage collectif. En principe, c'est l'association des descendants des anciens occupants de la Mm·che qui continue à jouir de ce qui en subsiste encore (2). » Autre survivance digne de mention est celle de la Dessa, qui a été également dévoilée au grand public européen par M. de Laveleye : « A Java, disait un député hollandais, le sol appartient au créateur, à Dieu, et par conséquent à son représentant sur la terre, au souverain. La jouissance du sol est concédée à la commune en général, et en particulier à celui qui l'a mise en valeur pour aussi (1) Oliveira l\lAR.TINS, Quarlro clas instituicoes primitices. (2) E. nE LA VELE\ E : De la propriété et de ses formes primitices.

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