414 L.\ REVUE SOC:I.\LISTE qu'à Sparte il était formellement défenclu de vendre son lot de terre. La mC·me interdiction était écrite dans les lois de Locres et de Leucade. Phédon de Corinthe, législateur du neuvième siècle, avant l'ère actuelle, prescrivait que le nombre des familles et des propl'iétés restàt immuable. Or, cette prescription ne pouvait être observée que s'il était interdit de vendre les terre~ et même de les partager. La loi de Solon, postérieure de sept ou huit générations à celle de Phédon de Corinthe, ne défendait plus à l'homme de vendre sa propriété, mais elle frappait le vendeur d'une peine sévère, la perte de tous les droits de citoyen. Enfin, Aristote nous apprend d'une manière générale que, dans beaucoup <levilles, les anciens législateurs interdisaient lo. vente des terres. i> Solidement argumenté; seulement, Fustel de Coulanges, que son érudition et sa pénétration historique n'avaient p9.sguéri d'un parti pris réactionnaire très accusé, s'est cru en droit d'en inférer que pour beaucoup de peuples, il n'y avait pas en de période de propriété collective primitive; ce qui est outré. Outre que les agglomérations familiales n'étaient souvent que la réduction d'une collecti- ,·ité plus étendue (1), il est hors de doute qu'un collectivisme rudimentaire se trouve au début de toutes les sociétés. La lumière a été faite ierémissiblement sur ce point par le savant et généreux auteur du livre classique De la propriété et de ses formes 11rimitives. « J'ai essayé de prouver, dit M. de Laveleye, que partout on trouve au début de la civilisation, à côté Liela maison, de l'enclos attenant, propriété privée héréditaire, le reste <lu sol, propriété collective du clan ou de la tribu, soumis à des partages périodiques entre les habitants (2). >i L'éminent économiste belge l'a prouvé, en effet, et il n'y a plus à y revenir. Remarquons seulement que ce qui s'est passé pour l'ugei· puùlicus italique effrontément et tenacement confisqué par le patriciat romain, usant, selon les circonstances, de violence ouverte ou de ruse dolosiYe, nous indique assez de quelle façon, à l'époque préantique, les familles patriarcales ont dû s'emparer, tantôt par force, tantôt par usurpation, de l'avoir commun de la tribu. Du reste, ce communisme primitif, dont les fêtes arcadiennes et les saturnales hélléno-italiques étaient une réminiscence pieuse d'importants vestiges, restait dans l'antiquité historique. • (l) H.uùull' .\leycr et Gabriel Ardant dans leur livre si intéressant La Question ograi,,e, Je reconnaissent implicitement dans les lignes suiYantes consacrées pourtaut à la glorification des théories historiques de Fustel de Coulanges : « Quanù l'histoire nous montre la propriété hellénique, la terre est le patrimoine exclusif des familles qui y avaient une fois posé leurs pénates et enterré leurs mort,;. lJes patu,·ar;es, de,·nier r;estiye, peut-être, d'une communauté primitice, sont laissi!s en conwwn. » (2) E. ui,; L.\,'E.\\'_E, De let propri<ité collectice du sol en différents pays.
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