LE PHOTEST:\~TISME ET LA QUESTION SOCIALE ~OQ LE PROTESTANTisirE ET LA QUESTION SOCIALE Le proLesLanLisme est es enLiellement une l'cligion bourgeoise. (KARL ?\JAnx : Le capital, p. 318.) Les travaux de la deuxième Assemblée générale de l'Association protestante pour l'étude pratique des questions sociales (1), tenue à Lyon en novembre 1889, viennent de paraître. Il nous a paru intéressant et utile de donner aux lecteurs de la Revue une analyse de ces travaux et un aperçu des idées principales qui reviennent le plus sou\"ent sous la plume des rédacteurs de ce recueil. Les socialistes désireux d'apprendre n'y trouveront aucune doctrine nouvelle; au point de vue théorique et philosophique, sa valeur est faiLle, mais il est réconfortant de constater combien le Socialisme commence à imprégner profondément l'atmosphère intellectuelle et morale de notre époque, puisqu'il a pu pénétrer jusqu'au cœur du protestantisme jusqu'alors si fier, si sec, si étroitement et si impitoyablement capitaliste. « Le protestantisme est essentiellement une religion bourgeoise » dit Karl Marx. - « Tandis que le monde catholique est de plus en plus agité par les préoccupations sociales, pour le monde protestant le prnblème semble ne pas exister. On y nie même avec une impitoyable énergie, l'existence de la question sociale. Ce qui semblerait donner raison à la thèse soutenue par mon éminent ami Laurence Gronlund dans sa Coopérative Commonwealth. D'après lui l'individualisme religieux du protestantisme aurait donné naissance au libéralisme économique ... (;'est ce personnalisme religieux: excessif, aboutissant naturel du libre arbitre en matière de foi, qui aurait contribué à développer l'esprit d'entreprise· et des ardentes compétitions économiques ; c'est lui qui aurait aidé l'Angleterre et l' Amé- (1) Paris, librairie Fischbaeher, 33, rue de Seine. Uu volume de 224 pages. 27
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