LA RE\'UE SOCIALISTE Les tvaoonnets elrtient remplacés pm· des en{rmis à qui leul' petite /nille perme/lait de glissel' clans les gcilel'iesen pol'tant sur le dos une co1·beillepleine clechw·bon. I'our e{fectuer ce transport, ils devaient se tenfr pliés en 1/eux, el la col'beille avait parfois im poids considé1·able. » En 1882, b commission supérieure pal'lait au passé de ce travail torturant. En 1885, elle constate que les enfants font toujours le << ,Yagonnet » et elle se borne à « espérer que les industriels • feront des eITorts sérieux )) pour faire cesser un tel état de choses. Cette façon de comprendre l'application de la loi est ce que les économistes appellent une façon<<sage JJ, «prudente>> et« modérée». Mais c'est de cette façon que les abus les plus criants persistent et que la classe ouvrière française ne tarderait pas à devenir la dernière de l'Europe, si elle ne se hâtait pas de porter sur ses conditions de travail les efforts qu'elle gaspille depuis quelque temps en agitations politiques manifestement stériles. VI ~ous allons examiner maintenant qu'ils sont les effets généraux de la protection. Ici, nous touchons au nœuù goedien de la question, au point capital qu'il importe de bien élucider, car c'est là-dessus que les erreurs les plus grossières se sont donné libre cours, aussi bien chez les partisans que chez les adversaires de la législation du travail. Notre thèse formule, en eŒet, une proposition en apparence contradictoire : la protection a pour but de diminuer le temps de tra,·ail des ouvriers sans diminuer leurs salaires; car si on limitait la journée et qu'une réduction du salaire en résultât, comme les économistes prétendent que cela doit forcément arriver, alors, en effet, les économistes auraient raison : notre protection de l'ouvrier aggraverait sa condition au lieu de l'améliorer. - .\lais comment, en diminuant le temps de travail, l'ouvrier pourra-t-il toucher le même salaire sans accrnitre les frais de production? Il semble, en apparence, que les Je 1x phénomènes soient intimement liés et que l'amélioration du sort des travailleurs ne puisse s'effectuer qu'aux dépens de la proùuction - ou au moins des proftts capitalistes. C'est là l'opinion généralement répandue. Adversaires et partisans sont d'accorJ à cet égard, et la seule di vergence <ruiles sépare, c'est la façon d'envisager l'éventualité du fait. Aux deux extrémités opposées, sont les économistes et les socialistes. Les uns et les autres considèrent que la diminution du temps de travail augmentera la part de produits attribuée aux ouvriers. Seulement les premiers repoussent comme injuste et entaché de spoliation le changement qu'on veut ainsi apporter dans la réparti-
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