LA PROTECTION DU TRAVAIL française d'un rapide et complet dépérissement. Des rapports signalaient que des enfants de six ans étai ent employés dans les manufactures. Villermé signalait même des enfants de quriti-e ans et demi que leurs parents envoyaient à la fabrique! Villeneuve de Bargemont, le vicomte du Bouchage, Eugène Buret, rapportèrent des faits d'exploitation navrants et qui émuren t vivement l'opinion. Mais quand la Chambre fut saisie d'un proje t de loi destinée à mettre fin à ces barbaries, on cria à la violation de la liberté économique. Cependant, sous la pression du dehors, la loi fut votée: elle était muette sur la question du travail des f emmes et se bornait à relever à huit ans la limite d'âge des enfants po ur leur admission dans les ateliers. C'ét::..itbien peu de chose. Son applicat ion eût néanmoins remédié aux abus les plus criants. Malheureusement, l'égoïsme des patrons fut plus forte que la loi, et celle-ci resta lettr emc,rte. Trente ans plus tard, en 1872, M. Eugène Tallon, un des pri ncipaux rapporteurs de la loi de 1874, disait devant l'Assemblée nati onale: « Les règlements d'administration publi,1ue n'ont pas été p réparés, l'inspection n'a pas été constituée. Les intéressés ont élu dé la loi. On l'a d'ailleurs accusée d'avoir, en spécifiant les indus tries assujetties à son application, mis celles-ci en suspicion au regard cle l'opinion publique. >> Certains industriels ont les fières sus ceptibilités de la femme de César. Ils ne veulent pas être soupço nnés; quand une loi les met en suspicion, ils ne s'y soumettent p as. Et nul, naturellement, ne songe à les rappeler au respect de la loi violée. Cependant les publicistes généreux ne cessaient pas, après 18U, d'appeler l'attention de l'opinion sur les ravages exercés dans les centres ouvriers par le travail intensif des femmes et des enfants. En 181.7, le gouvernement de Louis-P hilippe pré.,enta un projet de loi sur la matière à la Chambre des Pairs. Ce projet fut ad opté le 22 février 184.8. Le lendemain, il n' y avait plus de Chambre des Pairs, ni de Chambre d'aucune sorte ; le projet resta clans les cartons de la haute A,-,sembléedispersée et la question du travail des femmes et des enfants vint se fondre dans la grande question sociale dont la Révolution de février po sait le problème, provisoirement résolu en juin - à coups de cano~. Entre temps, le gouvernement proviso ire avait rendu un décretloi supprimant le marchandage et étab lissant une journée légale du travail. Bien que ce décret n'ait jama is été rapporté, il n'en a pas moins été considé1·é comme non aven u; et à l'Évole cle Droit, on enseigne qu'il ne saurait être appliqué, parce qu'il viole le principe de la liberté du travail! En 1858, le gouvernement impérial fit mettre à l'étude un projet ayant pour but d'organiser l'applicati on de la loi de 184..1;après
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