La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

, LA HEVUé: SOCIALISTE L'entrée des enfants dans les fabriques est fixée à 14 ans. De H à Lü ans, le temps consacré à l'enseignement et au travail ne doit pas excéder onze heures (repas compris). Jusqu'à 18 ans révolus, il est interdit de les faire travailler la nuit clans les ateliers où le travail de nuit est permis, sans une autorisation spéciale du Conseil fédéral. En résumé, la législation suisse sur le travail des fabriques marque un progrès sur celle de l'Angleterre, parce qu'elle s'étend jusqu'à l'ouvrier adulte et que le minimum d'âge pour l'entrée des enfants dans les ateliers est fixé à quatorze ans. :Mais la petite industrie échappe à sa surveillance. Le jour où celle-ci sera réglementée, la Suisse jouira d'une législation du travail complète. L'exemple de la Suisse répond à l'autre objection soulevée par les économistes à propos du travail des adultes, qne a limitation serait une tyrannie, parce qu'elle ne tiendrait pas compte de la différence de force et de besoins de chacun. Cette objection est à coup sûr enfantine et bien propre à faire douter de la bonne foi de ceux qui la soulèvent. Car, enfin, où donc a-t-on vu qu'on tienne compte, dans la libre fixation de la durée de la journée, des différences de constitution physiologique et de besoins individuels? Est-cc que, dans le travail libM, il existe dans les ateliers des gens travaillant huit heures, les autres douze? Partout, la journée de travail, mème dans les ateliers dits à la pièce, est fixé par un type unique de journée. V On vient de voir, par le tableau succinct de la législation suisse et <le la législation anglaise,comment en complétant l'une par l'autre ces deux législations on pourraitjeter les bases d'une véritable protection du travail. Il nou reste à examiner maintenant les moyens d'application sur lesquels nous rencontrerons encore les réserves <leséconomistes - non les moins important!-, on va le ,·oir. Tant vaut le juge, tant vaut la loi, dit un proverbe. Pour que la réglementation du travail soit efficace, il faut qu'elle soit sérieusement appliquée. Pour cela, la loi doit contenir des anctions pénales formelles et elle doit organiser un service d'inspection qui assure son respect envers et contl'e tous. Telle n'est pas l'opinion des économistes, qui s'orposent à toutes sanctions rigoureuses. Or, c'est parce que leur système de tolérante complaisance poul' le capitalisme industriel a prévalu jusqu'ici, qu'il n'y a pas encore de réglementation du travail propl'ement dite hors de l'Angleterre et de la Suisse. Il suffit, pour s'en convaincre, de jeter un coup d'œil sur la fa<;on dont divers pays ont organisé leurs services d'inspec-

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