LA HEVUE SOCIALlSTE sortir la réfutation de la distinction faite par les économistes, et no us y trouverons une réponse facile à l'objection par eux soulevée touchant le supplément de salaire dont on prive les familles de trava illeurs en limitant l'emploi de la femme et de l'enfant clans l'atelie r. A l'origine, quand le machinisme commença à utili-,er le travail féminin et infantile, l'ouvrier, père de famille, crut t1·ou,·ei·un su pplément de proflt dans la menue rétribution payée à sa femme et à son enfant. Il les associa à sa tâche dans l'espoir qu'avec leur ai de cette tâche s'allégerait. C'était une illusion candide, mais naturell e, plus naturelle que celle des apologistes de la nouvelle organisatio n industi-ielle, qui, eux, ne pouvaient s'illusionner sur les véritabl es conséquences que deYait avoir l'emploi de la femme et de l'enfa nt dans l'industrie. La femme et l'enfant ne devinrent pas, en eff et, l'associé et l'auxiliaire du père et de l'époux, mais Je concurre nt direct. Leur travail flt une guerre meurtrière au sien, et loin que le nouveau salaire payé à l'enfant et à la femme constituàt un supplément de revenu pour la famille, il ne compensa mêllle pas la pe rte éprouvée par l'ouvrier du fait de la concurrence nouvelle. L'intr oduction de la femme et de l'enfant dans l'usine et la manufacture enlevant en eliet à l'ouvrier une partie du travail, celle accaparée par la femme et l'enfant, son salaire diminua de la part de rémun ération attachée à cette masse de travail qui lui était ravie. Mais comme ce mfüne travail exécuté par la femme et l'enfar,t, le patr on ne le payait pas au même taux, parce que le travail féminin et infantile est acheté au rabais à quantités égales, il en résulta que l'ouvrier ne reçut pas, par la rétribution accordée à la femme et à l'enfant, l'équivalent de la perte que ceux-ci lui fai::;aicnt subir. En résumé, l'introduction de la femme et de l'enfant clans l'atelier a pour conséquence de diminuer d'une façon absolue le Ludget de la famille ouvrière. Le triple salaire de ces trois travailleurs d evient inférieur au salaire unique, gagné avant par l'ouvrier to ut seul. Mais le jour où une action législative modifie en sens inverse l'emploi de la femme et de l'enfant, soit en limitant leur temps de travail, soit en rendant plus difficile, par les restridions et les interdictions apportées à leur emploi, le recruten1ent de cette catégorie de travailleurs, la condition des ouvriers adultes doit suivre u ne marche opposée à celle que nous venons de présenter. Limiter le travail de la femme et de l'enfant équivaut à raréfler les bras sur le marché et à augmenter l'offre de travail, partant à améliorer la condition des ouvriers adultes, qui peuvent élever leurs exigenc es et imposer aux· patrons des prétentions de salaire ou de temps de travail plus favorables. La famille ouvrière n'éprouve de ce fait aucune perte, mais un bénéfice net. La quantité de travail que l'a p-
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