LA PHOTECTIO:\" DU TIL\Y.-UL 389 le monument législatif qui porte ne nom de Lois de {abl'iques. Mais, hâtons-nous de le dire, cette œuvre de législation, qui devait permettre à la classe ouvrière, ainsi qu'on le verra plus loin, de conquérir des avantages économiques si précieux, ne fut pas exclusivement poursuivie par l'aristocratie anglaise. Dès que les ouvriers eurent été éclairés par l'expérience sur les résultats de ces lois, en apparence limitées au travail des enrants ·d'abord, des femmts ensuite; dès qu'ils eurent constaté que les effets indirects de la protection s'étendaient sur eux-mêmes, ils prirent la tête du mouvement et n'eurent ni trêve ni relàche dans leurs revendications incessantes qu'ils n'eussent obtenu une réglementation de plus en plus étroite. Pour donner une idée des efforts qu'il..,;durent mettre en œuvre, de la constance qu'ils durent déployer à la conquête des lois de travail, nous allons résumer ici succinctement les principales étapes parcourues de 1802 à 1886. La première loi date, nous l'avons dit, de 1802 ; elle porte le nom de Moral and health act et visait les manufactures de coton et de laine. En 1819, 1823, 1829 et 1831, divers acts complétèrent cette première tentative. Le bill de 1833 étendit la protection à six grandes industries. Enfin le bill du 7 juin 18H étendit la pi·olection a11x {enimes ü9ées de plus de dix-lnlit ans. Le travail de nuit leur fut interc.lit et le travail de jour limité à douze heures. Le 8 juin 18'17, un nouveau bill complémentaire fut reudu, dont le contre-coup permit aux ouvriers adultes des industries visées par la nouvelle loi de réduire leur propre journée à dix heures. De 18'1 à 1860, il y eut arrêt dans les progrès de la législation anglaise. Un vent <leréaction économiste parti de France soufflait sur toute l'Europe. Mais, en 1860, le prolétariat anglais reprit l'offensive, et avec cette résolution froide, prudente, mais énergique, qui va à son but malgré tout, il arracha au Parlement le premier bill de la sé1·iede lois que devait couronner la grande loi de 1878. En 1861, 1862 et 1863, le travail des femmes et <lesenfants fut protégé dans les ateliers de blanchissage , finissage, teinture d'étolies, manufactures de dentelles et boulangeries, échappés jusque-là à la réglementation. - Le Faclory extension act suivit en 1861., soumettant au contrôle de la loi de nouvelles industries. L'année 1867, deux bills importants furent votés : le premier étendait la réglementation à toutes les usines ou établissements industriels « occupant 50 personnes ou pl~s ». Le second, voté en octobre, engloba sous la surveillance des inspecteurs le travail des femmes et des enfants de n'importe quel atclie1·, et, afin de ne laisser prise à aucune équivoque, la loi définissait ainsi l'atelier : « Toute place ou chambre quelconque, soit couverte, soit en plein air, où un métier est exercé par un enfant, une jeune personne ou une
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