L.\ REVUE SOCL\LISTE lui interdise certains trnvaux par trop incompatibles avec sa constitution physiologi<1uespéciale; qu'on réglemente certains emplois dans lesc1uclsl'exploitation du travail féminin conflne à l'exploitation du sexe. Mais avec combien de prudence et de réserves ces partisans de la protection modét'ée admettent le principe de la réglementation! La femme, insistent-ils, est une personne libre. Elle a besoin de son salaire, et le lui ravir serait un crime social. L'<'•pouscet la mère complètC'nt par leur gain le ·alaire insuflisant du mari. Il ne faut pas lui fNmct· les portes de l'usine et la condamner ù. rnomir <lefaim sous prt·textc de la protéger <.:ontL'ecel'tains tranwx qui<;puisent ses forces. On ne saurait don<.:apporter trop de prudence et de modérntion dans les restrietions imposées à on travail. Cette prndcncc des économistes ya si loin que tout projet de loi ferme ayant pou1· but de réglementer le traYail dC's femmes s'évanouit e~ protestations plalonic1'1esdès qu'il passe par leur examen. Ainsi, ils repoussent la limitation de la journée, l'interdiction du travail de nuit, et s'ils s'enh~rclissrnt à .Jonner une timide adhésion à la suppeession de leur cmploi dans quclques industt·ics notoirement signalées par les ravages qu'elles commettent sur le personnel ouvrier, on n'obtiendra jamais d'eux les moyens d'appliquer sérieusement l'interdiction prononcée. III. - Pour les enfants, on ne se heurte pas au principe in0exihle de la liberté. L'enfant ne peut être appelé solennellement, comme l'ouvrier ou l'ouvrière, une personne «libre». ::\lais il~- a le clroit des pè1·es. Cc fam<'ux droit des pères, tant invoqué- pat· les catholiques en matière d'enseignement, les éeonomistes ne l'invoquent pas moins en matii)rc de réglementation. Sans cloute, disent-ils, l'emploi prématuré des en l'anb dans l'industrie peut aYoir des conséquences désastreuses, cl l'humanité condamne le patron peu scrupuleux ou le père a\'ide imposant à l'enfan{, un labeur disproportionné avec le· forces du jeune ùge. foi donc l'intcn·ention de l'Etat, ln. protcdion de l'enfant contre des employeurs inhumains ou des parents dé11aturés, a sa pleine raison d'être. Mais il ne faut jamais perdre de vue les nécessités des familles ounièrcs, les exigences <le la production contemporaine, laquelle a besoin du travail infantile pour produire à bon marché. Cc bon marché, il profite ù l'ouvrier, car les consommateurs ouvriers sont plus nombreux que les consommateurs riches. D'autre part, il est cruel de priver une famille, dont les ressources sont souvent limitées, du petit supplément de revenu foumi par le salaire <le l'enfant. La réglementation touche donc à ces trois intérêts respcctablec;, dont il faut également tenir compte: ceux de l'enfant, clon1l'exploitation abusive est génératrice de mille mau~ dans l'avenir; ceux de la famille, à laquelle le menu salaire
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