La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

38'1 LA BEVUE SOCIALISTE d'une <'.·conorniepolitique libérale au vrai sens <lumot, c'est-à-dir e humaine. Malheureusement rien ne put forcer l'égoïsme des elasses dirigeantes, donL le gouvernement de Louis-Philippe était l'expressio n la plus parfaite. La politique sociale <les gom·ernants de ce temps tenait clans le mot célèbre <leGuizot: « Le travail est un frein. >1 Ce frein, les ouwiers s'efforcèrent <le le briser en février 181.8 . Mais une réaction économi te furieu e suivit les tentatives socialist es de la Révolution, et non seulement le socialisme en fut frappé à mort, mais encore avec lui la doctrine interventionniste, qui dut céd er la place à l'école libérale <le Manchester. Depuis, celle-ci est toutepuissante, et c'est à l'étranger qu'il faut aller pour rctrotffer l'écho de l'éc..:onomicpoliLiquc interventionniste. Dans les pages qui vont suivre, en exposant la thèse des économistes, nous cxpo.-erons donc surtout la thèse <lts économistes fra nçai. , et c'est leurs objections que nous nous attacherons principalement à résoudre. II La protection du travail comprend trois catégories de travailleurs <1ucles ca uistes de l'économie politique séparent soigneusement : les enfants, les femmes et les ouvriers adultes. Ce sont là, disent-ils, trois sortes de personnes bien distinctes, envers lesquelles l'Etat a des devoirs sociaux bien différents. I. - L'ouvrier adulte est une personne libre, jouissant de tous les droits attachés par la Ré·volution à l'exercice de cette liberté. Il a le droit de dirigei· son activité où bon lui semble-, de mettre en œuvre ses facultés au gré de ses désirs. Il a le droit <l'échanger et de contracter sans que l'Etat interYienne autrement que pour fa ire respecter les contrats librement consentis. Libre ù chacun de consacrer au travail le temps qu'il lui plait, de traYaillel' aux conditio ns qu'il lui convient de stipuler. Tout le deYoir social envers cette p ersonne libre qu'est l'ounicr consiste à n'entraver sous aucun prétexte l'exercice de sa liberté. Une législation ayant pour objet <l'é tablir une durée légale de la journée de trarnil, d'introduire dans le contrat passé entre le travailleur et le patron des clau~es que ceu xci ne sont pas libres de repousser, équivaut à une limitation de la liberté individudle: c'est une atteinte à la Révolution, un retour ù <lesinstitutions de privilèges. Le despotisme social <levant résulter d'une protection du travail <lel'adulte est d'autant plus injustifiable qu'il va contre le but même qu'il se propose. Il asservit l'ouvrier autant que le capitaliste, sa ns que le premier en retire aucun bienfait de nature à compenser les

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