362 LA REVUE SOCJALI STE du travail et de la vie sociale que dans le conflit inévitable des intérêts qu'il s'agirait de concilier. Il est, en tout cas, une question qui, moins que toute autre, paraîtrait pouvoii- être l'objet d'une entente internationale. C'est celle de la limitation de la journée de travail; elle se rattache si étroitement, au moins en ce qui concerne les adultes, d'une part, aux principes sur lesquels reposent les législations politiques des différents Etats et, d'autre part, aux conditions générales de la production industrielle, qu'elle doit être considérée comme étant exclusivement d'ordre intérieur et parlementaire et ne saurait, dès lors, être utilement soumise:; à une discussion diplomatique. Il m'a paru indispensable, dans l'intérêt même de l'œuvre à laquelle nous ~ommes conviés, de préciser ce point dès maintenant, afin de prévenir toute chance de malentendus pour l'avenir. Le gouvernement de la République, d'ailleurs sous le bénéfice de ces observations dont Ia chancellerie impériale appréciera, j'en suis assuré, l'esprit et la valeur pratique, est tout disposé à ailhérer, en principe, à la conférence que le gouvernement allemand se propose de réunir à Berlin. Il se réserve naturellement d'arrêter ses der!lières résolutions, ainsi que la ligne de conduite que ses représentants auraient à suivr.-i, lorsque les éclaircissements annoncés par la communication du comte de Munster l'auront fixé sur les intentions ùefinitives du gouvernement impérial lui-même en ce qui concerne le programme, le caractère et le mandat de la réunion projetée. Vous voudrez bien donner lecture de cette dépêche au comte de Bismarck, et, s'il le désil'e, lui en laisser copie. Le ministre des affaires étrangères a complété cette communication par quelques brèves paroles sul' le rôle civilisateur de la France et en déclarant (ceci en réponse aux préoccupations d'Antide Boyer), qu'il conviendrait de trouver <les hommes « capables d'apporter dans la conférence de Berlin, ayec l'esprit de liberté et de justice, un juste souci de la liberté du travail et du bien-êti·e matériel de la classe ouvrière». J'ai souligné ces mots : « souci de la liberté du travail •, parce qu'ils expliquent les réserves contenues dans la note adressée à Berlin. Ces réserves, en effet, s'appliquent à la réduction de la journée de travail des ouvriers adultes. Cette réduction était comprise primitivement dans le projet allemand, et c'est sur les instances de l'Angleterre appuyées par notre ministre des affaires étrangères, que !'Empereur a éliminé du programme, la fixation de la journée de travail. La Chambre s'est montrée particulièrement satisfaite de ce résultat et dans la presse, on a gratifié de « succès méritoire • la radiation obtenu par M. Spuller. Cela prouve, une fois de plus, quel lamentable état d'esprit règne dans nos sphères gouvernementales en matière de choses sociales. Depuis quinze ans qu'ils sont au pouvoir, nos républicains actuels, qui ont tout oublié des génératiom; républicaines antérieures, n'ont i-ien appris <lesén~nements quotidiens qui Fepassent sous leurs yeux. En vain la solution des problèmes sociaux se pose-t-elle en Europe
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