La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

360 LA REVUE SOCIALISTE certes, je ne puis rien préciser, mais je puis dire que je ne m'opposerais pas à la nomination de certains hommes qui peuvent avoir beaucoup de compétence quoiqu'ils ne soient pas ouvrie1·s... (très bien! très bien/ à gauche), mais nous devons exiger également que des travailleurs ... (Interruptions à droite.) Il me semble qu'il n'y a pas lieu de tronver extraordinaire l'opinion que j'émets, puisqu'il s'agit de questions ouvrières ... M. LEPRÉSIDENT.Personne ne le trouve extraordinaire, Monsieur Boyer. M. ANTIDEBoYER. J'ajoute donc qu'au point de vue qui nous occupe, on ferait bien d'envoyer des hommes qui ont vécu dans les ateliers, qui ont étudié les questions économiques au point de vue pratique et qui savent tous les inconvénients que présentent actuellement ces questions. Car il faut qu'on le sache bien, les travailleurs français s'occupent plus qu'on ne le suppose des questions économiques; et il y en a r1ui ont une réelle compétence. J'ose espérer que le gouvernement de la République fera à ces hommes l'honneur de les désigner ... (Applaudissement, à gauche.) Dans ces conditions, je ne veux pas, je le répète, savoir si M. le Ministre a déjà donné des indications sur la désignation des délégués, s'il a pensé que parmi eux il doit y avoir des économistes ou des diplomates; je pense seulement qu'on voudra. s'arrêter un instant à nos observations politiques. Nous prétendons qu'il y a une place à faire au travail, et j'espère que M. le Ministre des affaires étrangè1·es tiendra compte de nos vœux. (Très bien! très bien! et applaudissements à gauche.) Boyer, on le voit, semblait craindre que l'enYoi de délégués a Berlin, ne parût uu acte d'hostilité de la France contre les socialistes allemands. 01·, rien dans l'attitude des socialistes ne monti·c qu'il considèrent la conférencC'comme clestinéeàjeter les bases d'une entente internationale entre les gouvernements pour réprimer les progrès du socialisme. Il n'y a rien de tel, ni dans les rescrits, ni dans les communications de la chancellerie de Berlin. Il s'agit de jet.cr les bases d'une entente internationale pour la réglementation du travail et cette entente, les divers partis socialistes d'Europe n'ont cessé de la réclamer a leurs gouYernements respectifs. On peut cléplo1·erque l'initiatiYe prise dans ce sens par le Conseil fédél'al de Beme n'ait pas été maintenue; voila tout. M. Spuller a répondu a M. Laur en donnant lecture de la note adressée à la chancellerie allemande. En voici le texte complet : Monsieur l'ambassadeur, Le 11 da ce mois, l'arr.bassadeur d'Allemagne m'a remis, comme vous le savez, le texte du rescrit impérial du~ février ainsi que la copie d'une dépêche du prrnce de Bismarck l'invitant à s'enquérir si le gouvernement français serait disposé à entamer avec l'Allemagne et avec certains pays industriels, une discussion au sujet de diverses questions intéressant les classes ouvrières et dont les principales sont: Je repos du dimanche, la réduction du travail des femmes et des enfants et la limitation de la journée de travail. Je n'ai pas besoin de rappeler quelle place ont toujours tenue dans les préoccupations du gouvernement de la République les questions qui concernent la pro- •

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==