La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

ORGANISATION DES SERVICES PUBLICS 341 l'ounier doive avoir son outillage à lui, car l'outillage n'est plus qu'une partie intégrante de l'atelier, de l'usine, de la mine, etc. Nous en concluons que le capital (qui représente tout cela), s'il est vrai qu'il doive appartenir au travailleur lui-même, ne peut ·1ui appartenir que collectivement, qu'à titre de propriété collective, et INDIVISE MÊME DANS SA REPRÉSENTATION, comme le dit fort bien le Bulletin du Mouvement social. Mais peut-être, nous dira-t-on, qu'en dehors de l'association du capitaliste et du travailleur, de la partnp1·ship comme disent les Anglais, on peut concevoir une société composéede communes (phalanges) ou d'associations quelconques qui seraient exclusivement formées de travailleurs ayant un capital collectif représenté en actions, lesquelles actions seraient propriétés individuelles; et de fait, on pourrait nous citer de ces associations coopératives de production, composées. exclusivement de travailleurs associés entre eux, sans capitalistes non travailleurs et sans auxiliaires salariés. Disons d'abord que les sociétés coopératives de production, telles quelles fonctionnent au milieu du monde économique actuel, ne peuvent presque nécessairement avoir qu'une forme de transition, une forme ambigue pour parler le langage dA l'école phalanstérienne, une forme qui permette leur existence actuelle; sans vouloir condamner ces associations au nom de principes trop absolus avec lesquels leur existence serait en ce moment presqu'impossible, il nous est pérrnis d'affirmer qu'on aurait tort de conclure de ce que sont ces associations actuellement à ce que sera l'association des travailleurs sous un régime économique nouveau. Cette déclaration faite, plaçons-nous au point de vue d'un système général d'associations de travailleurs où le capital serait divisé en actions. De deux choses l'une : l • Ou ces actions ne rapporteraient pas de diYidende,- ni mêmij le moindre intérêt fixe comme les obligations des sociétés actuelles, les lots de la Ville, etc., - c'est ce que Yeulent certains disciples de Proudhon, qui s'appellent rnutuellistes, mais ce que ne veulent pas les disciples de Fourier. Dans cette hypothèse, ces actions n'étant plus que nominales, c'est comme si elles n'existaient pas; le trayailleur individuel ne retire aucun avantage de cette propriéte' • actionnaire; et pour le groupe, pour la collectivité, tenir compte de cette part ·de chacun dans un capital ne rapportant ni dividende ni mtérêt, ne constitue qu'une complication inutile, qu'un rouage ' superflu ; 2° Ou bien les actions rapporteraient un dividende, ce que veulent les phalanstériens, mais ce que n'acceptent pas les mutuellistes de l'école de Proudhon. Dans cette seconde hypothèse, nous pouvon8dédoubler notre dilemme et dire.

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