340 LA REVUE SOCIALISTE La misère physiologique, dans la grande :majorité de~ cas, n'est elle-même qu'un aspect particulier de la misère économi"que, du paupérisme. Nous désirons de tout notre cœur l'abolition de la misère, en cela nous savons que nous sommes d'accord avec les phalanstériens; mais pour abolir la misère il faut supprimer toutes les causes de la misère. Parmi ces causes, nous avons le droit de ranger le manque d'équibre, entre la dépense de la force de travail et les moyensde restaurer et d'entretenir cette force dans son état normal. Et ce manque d'équilibre, il est la violation d'une grande loi naturelle que Liebig a formulée pour l'agriculture, mais qui est vraie aussi dans le domaine de la physiologie humaine et de l'économie sociale : LA LOI DE RESTITUTION. De même que la propriété bourgeoise appauvrit chaque jour le sol en no lui restituant pas intégralement les:éléments et par conséquent les forces qu'elle lui arrache par la culture, le prélèvement capitaliste appauvrit chaque jour les organismes de la classe ouvrière on s'opposant à la restitution intégrale de la force de travail dépensée par ces organismes pondant la production. Et c'est pourquoi nous disons, contrairement à ce que dit le Bulletin du Mouvement Social, - non pas que nous voulons (car ce que personnellement nous pouvons youloir ou ne pas vouloir n'est ici d'aucun poids dans la balance) - mais que la société pour qui le problème de la misère est devenu une question de vie ou de mort, devra organiser la production de telle façon que le capital ne rapporte plus de dividende et que tout ce qui vient des producteurs retourne intégralement au producteur, que « TOUT AILLE AU TRAVAIL•; comme aussi elle devra organiser la propriété terrienne de telle façon que tous les éléments que l'agriculture tire du sol retournent intégralement au sol. Pour que « tout aille au travail », nous comprenons fort bien que le capital, au lieu d'être représenté par des actions appartenant à des particuliers, doit appartenir au travailleur lui-même, mais, - sauf dans certaines industries exceptionnelles, qui sont au milieu du monde économique moderne ce que sont au milieu du monde organique actuel certaines espèces végétales et animales, encore persistantes bien qu'appartenant à une période géologique antérieure, - le capital moderne, les modernes instruments de travail, grand outillage, machines puissantes, ateliers, fabriques, usines, mines, chemins de fer, sont mis en activité, non par des individus, non par des travailleurs individuels, mais par des collectivités plus ou moins étendues, le groupe ouvrier, la Commune, l'Etat; pris individuellement, l'ouvrier n'est plus qu'un membre d'une collèctivité productrice, qu'une partie du travailleur collectif. Il serait absurde de prétendre que chaque ouvrier doive avoir son atelier à lui ou son usine à lui, chaque mineur sa mine à lui; ou même, que
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