338 LA REVUE SOCIALISTE quand il s'assimile les cli,·ei'sobjets nécessaires a sa subsistance, à son entretien, à son développement et a son activité; et ces forces. il les emmagasine, comme les plantes, on absorbant la chaleur et la lumière solafros, emmagasinent de la force végétative. C'est la synthèse de ces forces musculaire et nerveuse ainsi emmagasinées, qui constitue ce que Marx a appelé Arbeitskra/t, c'est-a-dire fm·ce de travail. Du point do vue purement économique, cette /orc11 de travail, comme tout autre produit, vaut co que valent les objets nécessai1·esà sa production; et la valeu1·<leces objets, comme toute autre Yalou1·,est donnée par le temps de travail nécessaire à leur production. Si, par exemple, il faut û heures de tl'avail pour produire les objets de consommation nécessaires pou1·un jour (en comprenant sous cc tei-nw tous les objets indiqués plus haut), le travailleur doit tl'aYaillo1·en moyenne 6 heures pour produire l'équivalent de sa force do tt·cnail; ces 6 heures constituent le travail nécessaire; et le temps qu'il ti-availle on plus est du travail extra, Mehrarbeit, ou du sm·tl':wail, Ueberarbeit (1). Si donc, en plus ùes 6 heures pendant lesquelles il traYaille pour lui-même, le travailleur doit encore (suivant que sa journée de traYail est de 7, 8 - 16 heures) travailler 1, 2, - 10heures pour le capitaliste, cela no se peut qu'à la condition que le travailleur dépense en un jour plus de force de travail qu'il n'en emmagasine journellement; et il faut nécessairement qu'il s'exténue, qu'il s'épuise, qu'il se tue, si le travail extra dépasse une certaine limite. Voici donc un produit qui Yaut 3, c'est-à-dire qui a coûté 3 en force de travail, ou, si l'on aime mieux qui a coûté ~ en objets do consommation nécessaires au travailleur. Or, supposons que, sur cc pl'oduit qui vaut 3, le capitaliste prélèrn 113, soit une quantité 1 ; il l'este dès lol's 213, soit une quantité 2, au traYailleur. Il en résulte quo le travailleur, ne recevant quo 2, no peut racheter d'objets de consommation que pom· une Yaleur de 2; il ne peut consommer quo 2 ,ûo1·squ'il a dépensé 3; il a travaillé un tiers de la j9urnée pour rien, il a donné le tiers de sa force de travail contre zéro, et par conséquent, ce tiers de sa force de travai"l il l'a fourni do sa propre substance, ùe sa propre chail'. Comme Shylock, le capitaliste taille ainsi joumellemont dans la chair vivante de son semblable; mais plus vo1·ace(JueShylock, il ne se contente pas d'une simple livre, il lui faut le tiers, la moitié et même davantage, du corps palpitant de sa victime. Et ceci n'est pas une figure de rhétorique,une hnage, une allégorie, c'est un fait réel, et c'est, dans tous les sens du mot, un fait brutal. (1) En anglais overwork; en néerlandais, overwerh ou overarbeid.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==