ORGANI~ATION DES SERVICES PUBLICS ·337 En effet, en s'assimilant ces différentes substances, en usant de ces divers objets de consommation, d'entretien et de développement, l'homme leur 1mprime des modifications physiques et chimiques qui donnent lieu à un dégagement de calorique et d'électricité, deux forces qui se transforment en mouvement dans les fibres musculaires, et en sensation, en pensée, en volition, dans les cellules nerveuses. Depuis les travaux de Hirn, Béclard, Favre, Slbermann, Frankland, Heidenhain, Fick, Wislicenus, Carpenter, Parken, etc., on sait que l'on peut, avec la plus grande précision, évaluer en calo1·ies ou unités de chaleur le travail musculaire de l'homme, et même mesurer la quantité de travail mécanique que chaque aliment peut fournir aux muscles; si l'on n'est pas encore parvenu à évaluer, avec la même rigueur mathématique, l'équivalent mécanique de la pensée, il n'en est pas moins vrai que les recherches physiologiques de Moleschott, de Liebreich, de Byasson, de Schiff, de Lombard, de Gavarret, de Herzen, de Hermann, d'Onimus, etc., et les analyses psychologiques de Herbert Spencer, de Bain, de Wundt, etc., nous permettent d'espérer qu'un jour on y parviendra. Dans tous les cas, un fait acquis à la science, c'est que l'activité mentale est en étroite relation avec l'activité de l'oxydation du phosphore qui entre dans la composition dela substance cérébrale (1). Ce fait est certainement un de ceux quii contribueront à nous mettre sur la trace de l'équivalent calorifique et par suite de l'équivalent mécanique du travail cérébral ou intellectuel, que déjà pressentait Lavoisier lorsqu'il écrivit ces lignes remarquables : << On pourrait connaître à. combien de livres, en poids, répondent",les efforts d'un homme qui récite un discours, d'un musicien qui joue d'un instrument.On pourrait même évaluer ce qu'il y a de mécanique dans le travail du philosophe qui réfléchit, de l'homme de lettres qui écrit, du musicien qui compose (2). » Par l'alimentation et la respiration, l'homme emmagasine du calorique et de l'électricité; et par le combustible, le vêtement, l'habitation, etc., il diminue la déperdition de calorique et d'électricité que son organisme subit naturellement par le contact et le rayonnement. Or ces deux forces physiques, calorique et électricité, le travailleur les transforme en forces musculaire et nerveuse, et spécialement en puissance des bras et du cerveau. C'est donc, en défitive, de la forèe musculaire et nerveuse, et spécialement en puissance des bras et du cerveau. C'est donc, en définitive, de la force musculairé et de la force nerveuse que le travailleur emmagasine (1) MoLESCBOTT, • Lehre dei· Nahrungsmittel fu·r das Volk », ·et « Kreislauf des Lebens ,,. (2) Mémoires de l'Académie des sciences de Paris, année 1789, page 577.
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