La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

336 LA REVUE SOCIALISTE . devraient lui reveni,r ! Vis-à-vis des phalanstériens commevis-à-Yis des économistes bourgeois, la question de principe reste debout et nos raisonnements restent intacts. Si le capital, le travail d'hier, reçoit en trayail d'aujourd'hu plus qu'ilne vaut, cela ne se peut qu'a la condition que le travail d'aujourd'hui reçoive moins qu'il ne vaut; c'est pre$que un raisonnement à la façon de feu Monsieur de la Palisse. Le travail d'un moment donné vaut ce qu'il a coûté en dépenses de force productive, de force de travail, Arbeitskraft comme dit Marx (1); si donc le travail d'aujourd'hui vaut 3 et qu'il ne reçofre néanmoins que2 parce qu'il a dû laisser prélever 1 au profit du capital (lisez travail d'hiei·), il en 1·ésultenécessairement que le travail d'aujourd'hui est en perte, qu'il est volé. Mais capital et travail sont des mots qui désignent des choses, et ce ne sont pas les choses qui viennent préleYer une part dans la répartition des produits, mais bien les hommes qui pal'lent et agissent au nom de ces choses. A la place des mots « capital ,. et <>: travail », mettons donc des réalités vivantes et agissantes : le capitaliste et le travailleur. C'est ici surtout que nous dernns faire de nouveau un peu d'arithm6tique, mais excessivement simple, en la combinant toutefois avec un peu de physiologie. Quand nous disons qu'un produit a une valeur de... , qu'il vaut 3 par exemple, cela veut dire que ce produit a coûté 3 de travail. Mais le travail n'est pas une chose abstraite, insaisissable, indéterminable. Le travail est l'activité industrielle ou, d'une façon plus générale, l'activité productive de l'homme; et la physiologie nous apprend que cette activité productive n'est autre chose que l'activité même du système nerveux du système musculaire de l'homme, et que toute activité nerveuse ou musculaire n'est autre chose, en fin de compte, qu'une dépense de forces qui pour se produire et se maintenir, ont besoin d'une certaine quantité de substances matérielles dont les unes (telles que le carbone, l'azote, l'oxygène et l'hydrogène des aliments, ainsi que l'oxygène de l'air) produisent la chaleur qui dans l'organisme se transforme en mouvements, dont d'autres (les substances dont sont composés le vêtement, l'habitation, etc.) senent à maintenir les conditions nécessaire à la manifestation normale des fonctions organiques, et dont d'autres encore (celles qui servent au développement intellectuel et moral du travailleur, et dont le nombre et la nature dépendent du degré de civilisation auquel la société est parvenue) servent a augmenter et à perfectionner les résultats de l'activité nerveuse ot musculaire. (1) Karl Marx, Das Kapital, Buch I : de Produktio11$proze1s des Kapitals. Nous allons revenir à l'instant sur ce terme et sur les idées qu'il suggère.

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