La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

334 LA REVUE SOCIALISTE nouveau ti-avail. Le produit (y compris le capital) c'est le travail 1l'hier; le travail c'est le produit ile demain, c'est le capital de demain. La pa,·t du capital n'est donc autre chose, ou plutôt ne peut légitimement êtl'e autre chose, que le remboursement pur et simple <le la valcu1· tle ce capital, c'est-à-1lirc <le la valeur du travail qu'il contient. Cela rcYient à clire que la part du capital ne peut être autre cho-.;cque le reml.>oursement pur et simple ,lu travail qu'il a fallu pom· le créC'r. Mais alol's, en entendant les choses ainsi, la part du. capital, c'est encore la part du travail. Un capital X Yaut Y do tra•• mil, ce capital X (ou, ce qui revient au même, cc travail Y) doit d1·e payé, remboursé, au moyen rl'autres produits ayant la même valeur comme tmvail. Si l'on entendait les choses de cette façon, le terme « part 1lu capital • serait tout simplement une superfhuté, puisqu'il ne désig-norait qu'un cas pa1·ticulior de la « pa1·t du travail ... Aussi bi<•n, c0 n'est pas ainsi quo l'entendent et les phalanstéI'iens et lm; économistes bom·g-c,ois.Pour eux, la pa1-t à laquelle a rll'oit l<>capital 1lans la répartition des prnduits, consiste dans le remboursement intégral ,le la Yalcur de ce capital + lt~ 1n·élrvem<>nt1l'un tantirme sur la production, tantième qui, suivant les circonstances, porto le nom d'intérêt, <le bénéfice, de profit, rle dividende, etc. Ils sont même allés jusqu'à ériger en principe la pérennité du prélèvement do cc tantième, par exemple de l'intérêt du capital, ayec les intérêts ,les intérêts tant quo la valeur rlu capital primitif n'est pas remboursée. Tout cela est basée sur cette pure fiction que lo capital est productif, tandis qu'il est clair que le traYail seul produit, peut ajouter une nouvelle valeur au capital. Cette fiction, d'ailleurs, doit infailliblement s'6vanouir devant la réalité des choses. La puisicmnce <l'accumulation du capit.al au moyen de l'intérêt est infinie, mais les pro1luits ne sont pas infinis. Ainsi on a calculé qu'au bout de six cents ans, une somme de 100 francs placée à intérèt. à mison de 5 0/0, avoc les intérêts des intérêts, ferait une valeur plus gmndc que ccllo de tous los bions meubles ot immeubles du globe entier. Un centime placé clans les mêmes conditions depuis la naissance du Christ jusqu'à nos jour:--,produirait un capital tel que toutes les Yalours d'aujourd'hui ne suffiraient pas pour en payer l'intérêt annuel, même au taux de 2 0/0. Un centimo placé 1lunmt 19 siècles, à intérêts composés, au taux do 2 0/0 l'an -= 310,0t0,000,000,000,000,000,000,000,000,000, ou :3,10 NONILLIONS de francs. Ces calculs constituent la réduction à l'absurde do la prétendue productivité du capital, sur laquelle est basée le prétendu droit du

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==