332 LA REVUE SOCIALISTE qui se connaissait en tenue des lines; nous nous contenterons d'y 1·enYoycrle réùacteur ,lu Bulletin du Mouvement social. l\"om,définirons ainsi le capital : Le capital est cette partie des p1·oduits du tt'avail qui est conserYée et accumulée pour serYir à une nouœllc p1·ocluction.Cette définition est celle d'auteurs éminents parmi les économistes modernes, quelle que soit l'école à laquelle ils appartiennent (1). Le capital n'a d'autre valeur que celle tle la quantité de travail qu'il renferme; du reste, il en est de même do tous les auti·es produits qui, non destinés à une nouYelle production, ne peuYent être qualifiés du nom de capital dans le langage précis de la science économique. Le produit est ùu trarnil exécuté, réalisé, et le capital n'est qu'un produit auquel on donne une destination spéciale. Or, dans la société, un produit doit s'échanger ou se <listribuel' pour ce quïl yaut, et il yaut la quantité ùe travail qu'il a fallu pour le c1·éer. Ce n'est pas nous qui avons établi ces Yé1·ités fondamentales en économie politique, ce sont les économistes bourgeois, et les plus illusti·os encore. Les produits s·échangent contre des p1·oduits,dit J.-B. Say. La valeur d'échange des produits dépend de la quantité de travail requise pour leur production, dit Ricardo. Il est Yrai qu'en général les économistes, excepté quelques-uns appartenant à l'école communiste (Yidal, Ramon de la Sagra, P. Leroux, Kad Marx, Ferd. Lassalle, Tchemychewsky) ou bien à l'école mutuelliste (Hopkins, ,Vïlliam Thompson, Edmonds, Bray, CheYé,Proudhon, Georges Duchène), n'ont pas osé ou n'ont pas su tii·e1· toutes les conséquences qui découlent de ces prémisses posées ~ (1; C'est, sauf de légères modifications dans les termes, la définition adoptée par Ad. Smith, Rossi, Michel Chevalier, Bastiat, Bianchini, Baudrillart, Dameth, Stuart Mill, Tchernychewsky, etc. Ce dernier, après une digression sur les malentendus dont les différents sens attachés au mot capital ont été la cause, finit par accepter, à défaut d'autre terme, le mot capital pour désigner « ceux des produits du travail qui servent de moyens pour une nouvelle production ». (L'Economie politique jugée par la science; Notion du capital, p. 200.) - Les socialistes allemands ont du capital une toute autre conception que celle renfermée dans cette définition. (Voir notamment : MARXdans « Kritik der politischen Oekonomie » (abschnitt I. Das Kapital in allgemeinen) et dans « Das Kapital » (zweites Kapitel : Die Venvandlung von Geld in Kapital, und scchstes Kapitel: Der Accumulationsprozess des Kapitals). - EcCARIIIS, dans « Eimes Arbeiters WiJerlegung der national œkonomischen Lehren John Stuart Mill's )), (K. II. Das Kapital, seine Bilduog und Aufhœufung. und K. III. Wezentlicùe Grundzretze in Betreff des Kapitals). - F. LASSALLE dans 4 Hen Bastiat-Schulze von Delitsch, der œkonomiscbe Julian, oder Kapital und Arbeit » (Viertes Kapitel : Die objective Analyse des Kapitals). - Suivant ces écrivains, la définition de Smith Rossi, etc., est incomplète, parce que l'on Y néglige le point de vue historique, parce que l'on n'y tient pas compte de la manière dont le capital s'est créé et accumulé. Lassalle, en particulier, déve- \oppe longuement cette idée à l'aide de l'histoire, et démontre comme quoi la
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