ORGANISATION DES SEHVICES PUBLICS 329 sur les services· publics. Nous n'avons jamais eu la prétention de créer ou d'inventer un syst~me; nous n'avons voulu faire quo deux choses: 1°d'abord et avant tout, tenir compte des tendances qui se manifestent dans les faits sociaux et tàcher de savoir vers quel état ces tendances semblent devoir nous conduire, ou, pour employer la formule de l'école positive, savoir pour prévoir; 2° ensuite, tenir compte des réformes sensées proposées par les principaux penseurs et chercheurs de notre époque, et tàcher de déterminer dans quels sens il y aurait lieu, à certains moments, d'intervenir dans l'évolution des faits sociaux pour réaliser ces réformes, ou, suivant un autre adage de l'école positiviste, prévoir afin de pourvoi·r. A ce dernier point de vue, nous ne nous sommes pas fait faute de prendre un peu à droite et à gauche dans les ouvrages des divers écrivains socialistes depuis Fourier jusqu'à Lassalle, depuis Owen jusqu'à Tchernychewsky. Et ce faisant, nous ne croyons même pas avoir fait de l'éclectisme socialiste ou du socialisme éclectique, puisque nous n'avons pas eu l'intention préconçue et systématique de prendre un morceau de telle doctrine pour l'ajuster à un morceau de telle autre doctrine et de faire ainsi une sorte d'amalgame où les doctrines opposées viennent se fondre en se neutralisant; mais nous nous sommes borné à prendre, parmi les matériaux assemblés par les divers constructeurs de théories sociales, quelques pierres qui nous semblent devoir être utilisées pour l'édification de la société future. Le premier écrivain venu qui voulût rechercher les origines de l'état politique et économipue de l'Europe actuelle, ne rlevl'ait-il pas de même tenir compte : 1 ° d'abord et en général, de toute l'évolution historique des siècles précédents, éYolution dont l'état actuel est issu; 2° ensuite et particulièrement, de la part d'influence qu'ont eue sur la création de cet état actuel les travaux des grands penseurs et chercheurs du siècle passé, depuis Montesquieu jusqu'à Joan-Jacques, depuis le docteur Quesnayjusqu'à Adam Smith? Cequi nous est plus sensible dans la critique du Bulletin du Mouvement social, c'est cet autre reproche d'avoir, de propos délib_éré, omis de rendre justice à Charles Fourier. Vraiment, nous croyons qu'ici M. Limousin ne nous a pas lu. N'avons-nous pas dit, dans notre rapport sur les Services publics, que Fourier eut l'intuition de la nécessité d'amener de la variété dans les occupations afin de détruire les fâcheux effets de la division du travail? N'avons-nous pas ainsi reconnu que l'idée première de la variété dans le travail appartient à Fourier? Seulement, ce qui ne plaît pas au fouriériste 'Limousin, c'est que nous disions que son m_aître attendait d'une combinaison artificielle (la fondation du phalanstère) la réalisation de cette variété dans les occupations; tandis que 'fchernychewsky ' nous montre comment la division du travail, en simplifiant excessi22
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