324 LA REVUE SOCIALISTE la science politique à l'Université de Poperingue, sous le professorat de Van Copernolle (1). Parmi ces critiques simplement plaisantes et nullement méchantes, citons encore celle de la Gazette ( de Bruxelles), numéro du 16 septembre 1871. Voici le passage qui nous concerne : ..... César De Paepe, un honnête garçon, je n'en doute pas, un homme instruit, je le sais, il est docteur en médecine après avoir été interne des hôpitaux - un rêveur sincèi·e, je le crois, mais un cerveau farci d'utopies mal digérées parce qu'elles sont indigestes, et d'une naïveté pyramydale. Lisez son rapport sur « l'Organisation des services publics dans la société future. • Cela en vaut la peine. En voici un passage. « Quels que soient les principes qui doivent présider au groupement des hommes dans l'avenir, que ces principes soient du domaina de la géographie phyeique, ou de l'ethnologie, ou de l'histoire, ou de l'économie politique, etc., quelle que soit la structure intime de l'organisme social futur et le groupement moUiculaire des organes essentiels de cet 01·ganisme, toujours est-il que ces organes, pour répondre à l'ord,·e hiérarchique des intérêts (lesquels se divisent naturellement en intérêts locaux, régionaux et humanitaires) doivent êtro au nomb1·ede trois, que nous nommerons : « La Commune, organe des inté1·êts purement locaux, « L'Etat, organe des intérêts généraux, régionaux, nationaux. » La Confédération universelle, organe des intérêts universels, iuternatio• naux, humanitaires, planétaires. > Vous aurez reéonnu le médecin à cette logomachie moléculaire et organique dont la sh'ucture intime est toute physiologique. Vous aurez remarqué que le compagnon De Paepe, peut-être parce qu'il s'appelle César - influence fatale du prénom - s'écarte de la plupart de ses coréligionnaires en ce qu'il reconnaît l'Etat. Aussi a-t-il éprouvé le besoin de s'en excuse1·. Mais la Confédoration planétaire, renouvelée du fouriorisme, est une des belles inventions du siècle. Elle enfonce l'arbitrage international. Ce n'est pas notre faute si le rédacteur de la Gazette est tellement peu familiarisé avec le langage scientifique, que les termes les plus usuels de la biologie lui semblent baroques, et que des comparaisons empruntées à la physiologie humaine lui appai'aissent comme une logomachie lorsqu'on les introduit dans la langue de la science économique, c'est-à-dire de cette science que l'un de ses fondateurs, J. B. Say, se plaisait à appeler la physiologie sociale. Nous dirons plus : Nous savon que ce n'est même pas la faute de M. le rédacteur de la Gazette. La faute en est, exclusivement, à lïnsuffisance de l'enseignement actuel, aux défauts inhél'ents à un enseignement (1) Allusion à une Revue de Bruxelles, pièce de théàtre de fin d'année, dont le savant politique de l'Echa est l'auteur, Pour ceux de nos lecteurs qui ne connaissent pas les chefs-d'œuvre de la littérature belge contemporaine, nous ajouterons que le héros de cette revue, un naturel de la ville de Poperingue, M. Van Copernolle est une sorte de Joseph Prudhomme Flamand, un peu plus grotesque. encore que son confrère français.
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