La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

ORGANISATION DES SERVICES PUBLICS 323 M. De Paepe ne supporte pas la discussion; c'est inepte et absurde.» Du temps de Blaise Pascal, il y avait des gens qui croyaient avoir cloué la bouche à leurs adversaires en les appelant : tisons d·enfer! Co sont là des façons d'argumenter qui ne souffrent pas de réplique. Il est assez étrange, cependant, que dans ce même journal le National, même date, même numéro, où M. Airaud nous exécutait ainsi sommairement, un autre écrivain, qui, lui, nous avait lu, écrit en tout.es lettres : que M. César De Paepe a fait un travail remarquable au point de vue du creusement des idées. Est-il nécessaire d'ajouter que, mise de côté toute question de modestie aussi bien que d'amour-propre, notre opinion, à nous, est que nous n'avons point mérité Ni cet excès d'honneur, ni cette indignité. D'autres critiques furent simplement badines, plaisantes, ironiques, et somme toute assez inoffensives; telles furent celles de l'Echo du Parlement et de son rliminutit l'Echo de Bruœelles. Dans ces journaux, un éc1·ivain belge, correspondant attitré du Figaro, de Paris, se contente de nous qualifier de " rêveur incapable de devenir un homme d'action », de poète original, peut-être même plaisantin » et il veut bien admettre pourtant, que si nos tendances sont irréalisables, si notre système est illm:oire, l'exposé en est « convenablement échafaudé» et tempéré par un accent de sincérité » qui rend notre prose à peu près supportable, dit-il. « Il semble à certains moments, ajoute-t-il encore, que M. De Paepe est affligé d'une complète ignorance de la science politique. ,. Nous youdrions bien savoir coque ce journaliste appelle la SCIENCE POLITIQUE. Étant donné le courant d'idées que suit. cet écrivain, nous sommes bien sûr qu'il donne ce nom pompeux aux mesquines roueries, aux tripotages plus ou moins adroits dos grands hommes d'Etat du parti doctrinaire, comme si cette politique d'expédients, basée sur les vues los plus étroites qu'on vit oncques, pouvait avoir quelque chose de commun avoc la science! Mais nous apprendrons à récrivain des rleux Echos, que de tout temps, depuis Aristote jusqu'à M. Emile Accolas, de grands esprits ont essayé de faire de la politique une science, une science véritable, une science positive, et que nous avons passé plusieurs années de notre vie à étudier une de ces œuvres consacrées à la création de cette science nouvelle; nous voulons parler de la Politique positive d'Auguste Comte, ouvrage dont nous sommes loin d'admettre toutes les vues, mais que nous ne pouvons empêcher de considérer comme une œuvre magistrale. - Quant au savant sociologiste qui fait les causeries de l' Echo de Bruxelles, nous avons tout lieu de supposer qu'il a étudié

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