ORGANISATION DES SERVICES PUBLICS 325 qui crée des journalistes et des publicistes, appelés tous les jours à résoudre les questions les plus ardues de la politique et de l'économie sociale, alors que leur instruction purement littéraire devrait. leur défendre l'abord d'une science aussi complexe que la science politique ou, pour mieux dire, que la sociologie. La science de l'être collectif qu'on appelle l'humanité ou la société, doit s'appuyer sur les notions positives fournies par une science moins complexe, par la science des êtres vivants, par la biologie. L'homme étant l' élément premier de la société humaine, ne va-t-il pas de soi que la connaissance des lois qui régissent la vie humaine, est une condition indispensable pour arriver à la connaissance des lois qui régissent la vie sociale? Par conséquent qu'y a-t-il d'étrange dans ce tait que la science sociale emprunte parfois certains termes de la science biologique, sur laquelle elle se fonde immédiatement? Que dirait-on du physiologiste qui voudrait repousser de la physiologie, par exemple de l'étude des fonctions de digestion et de respiration les termes de la nomenclature chimique? Que dirait-on du chimiste qui voudrait repousser de la chimie, de l'étude des combinaisons et des décompositions des corps, les données fournies par les différentes branches de la physique et notamment par l'électrologie? Que dirait-on du physicien et de l'astronome qui voudraient bannir de la physiqué et de l'astronomie, par exemple de l'étude de l'optique ou bien de l'étude. des mouvements réels des corps célestes, l'application des lois de la mécanique, des théorèmes de la géométrie, des formules de l'arithmétique et de l'algèbre? On les renverrait simplement à l'école, et ce serait avec raison. Si du moins, à défaut de la connaissance des sciences positives qui doivent servir de fondement à la science sociale, nos gens de lettres savaient seulement ce qui se trouve ùans les traités usuels d'économie politique écrits tout exprès pour l'instruction des enfants de la bourgeoisie, que de bévues ne s'épargneraient-ils pas! Mais non, le léger aliment préparé par les soins des Hubner, des Garnier, de Baudrillart, est déjà trop fort pour ces cerveaux débiles, nullement farcis d'utopies, oh! non, mais tout bourrés de routine et de frivolités. Enfin, à défaut de connaissances en économie politique, si nos littérateurs et nos journalistes se donnaient du moins la peine de tenir compte de certains faits sociaux produits sous leurs yeux et souvent consignés dans leurs propres journaux ou dans leurs publications quelconques, encore une fois que de bévues ne s'épargneraient-ils pas! Précisément, les dernières lignes de la Gazette que nous avons citées, nous donnent un bel échantillon de ces bévues. Ainsi l'épi- ' thète de plariétafre, appliquée à certains intérêts qui concernent les
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