UN COIN DE LA QUESTION AGRAIRE 321 Le nouveau monde a toujours été, depuis sa découverte, comme une espèce d'exutoire pour l'Europe. L'Irlande, l'Italie,l'Allemagne émigrent, aujourd'hui encore, aux États-Unis, dans des proportions énormes. La logique nous dit encore, que l'IrlandE:, l'Italie et l'Allemagne doivent être également encombrées d'un superflu do population, à laquelle le sol fait défaut. Mais le dernier congrès agraire tenu à Paris nous a confirmé ce que nous savions déjà: que les possesseurs n'en tirent pas partie, comme ils le devraient. On cite tels Landlords irlandais ou anglai.-, tels prince italiens, qui peuvent marcher un jour entier, en ligne droite, sans sortir de leur domaine. Et ces domaines sont en partie inexploités, ou transformés en pacages, ou mal cultivés, faute de bras, par suite de l'impossibilité pour le travailleur d'y vivre et de payer le fermage exigé. La société de statistique vient de publier qu'enEurope,la dépopulation des campagnes va en s'aceentuant, non pas seulement en France, mais partout. Depuis quarante ans, les grandes villes ont vu leur population augmenter de cent à deux cents pour cent, tandis que l'accroissement moyen du monde entier n'a été que quarante pour cent. Ainsi, la répartition immobilière est tellement vicieuse et. la désorganisation du travail est si profonde, que nous assistons à ce spectacle qu'on a peine à comprendre: que plus les nations sont civilisées, plus elles sont malheureuses. Gustave Rouanet nous a démontré, ici même, que les nations qui émigrent le moins, comme la France, se clépeuplent.en restreignant leur fécondité. - Que dire de plus? Et il y en a, qui affirment qu'il n'existe plus ni question agraire ni question sociale. Alors, qu'y a-t-il donc?? PAUL BoILLJ<!Y. ,
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