La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

311 LA REVUE SOCIALISTE 1'op tl'inc1uiétucles,les Sett.lers camper ,lans lem· YOJsmage; mais, tils s'ému1·e1it, cli>squ'ils Yirent ùes maisons en bois succ0cler aux tent.es de carnpemenL; puis clos l)lockaus et onfln, clos rail·ways, clos hû!cl", etc. - C'était bel et bien un commencement de pt'ise clepospession et pour' ainsi clirc, un avant-goût do la scene qui clevait bientôt snivro. Les Peaux Roug-esprotcstènmt alors èneq:dquement contt·e cette infraction aux conyentions jul'ées, surtout lorsqu'ils eurent constaté qu'ils étaient ensenés de tout côtés, par un cor·don ,le cinquante mille ayentul'ie1's: Américains, Ani.dais, Irlandais, Italiens, Alleman,ls, résolus el. bien armés, qui n'atternlaient qu'un signal, pour se ruer· sm· la JH'oie qu'ils conyoilaient. Cei!e énorme affluence s'explique par cette raison, que l'Oklohama passe pour recélel' de 1·icllcsgisements aurifères. lJe leu 1· côte, les SettlePs insistèt'ent près du gouYernement, pour oblenit· la possession légale du sol sul' lec1uelils voulaient s'installer. Ils firent Yélloirqu'ils s'étaient déplacés en µ-Panelnombl'e, dans le but Je féconder par leur tmYail cles terres complètement soustraites à l'agricultm·e et à la civilisation. Pour opérer leur cléplacement, ils aYaicnt clû fait-e cle g:ranclcs clép<'nscs: tout cc c1u'ilspossédaient. Ils <lémonti·aient que c'était, pour eux, une ruine complète si le gouYel'ncment c1onnait raison aux ambassadetu's que les PeauxRouges ~waient clépêchés à Washington, pour réclamer protection et secour., en vertu du traité cle1866. Les p1·étcntions des envahisseurs prcfralurent, une loi fut demandée au Congrès et, comme nous l'avons dit, cette loi clevenait définitiYement exécutoire le 22 avril, à midi. Voilà le fait dans toute sa simplicité. Fait dont la conséquence certaine sera la disparition complète des peaux-rouges ; soit, qu'ils tombent sous les balles clespionniel's, en essayant !le réagir dans uue Iuttc inégale, où ils seront forcément yaincus. Maintenant, examinons la moralité de l'événement. Cet.te clestruction ii-rémccliable <l'un~roupe humain de soixante mille indi ,·idus, a-t-il soulevé dans le monde la moindre protestation in clign(•e? Pas du tout! Loin ùe là, l'affaire a paru toute natu1·elle. Les c1uclques commentaires qui l'ont suiYie, sont, dans leurs conclusions, tous favorables aux Américains. On les félicite. Encore un peu, et on les considérerait comme des bienfaiteurs de l'humanité. Tly a là, pour un observateur impartial, une curieuse constatation de la facilité et de l'insouciante indifférence, avec lesquelles on accepte l'idée de la destruction de toute une race. • Bah! dit~on, c'est une conséquence forcée de la lutte pour la

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