La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

306 LA H.EVUE SOCIALISTE t'est-à-dire flers qui 1wéfèrent se Yoi1·lést•s clans lburs rlroits plutôt , 1ur de 1·éc-lam0rl'aumîme de 1'assista11cejudiciaire. Pour ceux-là, pas d"autro t'emèùe que cle refaire notre cocle de procédure>,c1ue d'augmenter la compétence des juges de paix, devant lesquels les frais déjà insignifiants poul'raient encore être réduits, que de sup~ primer les trois quarts ùes paperasses inutiles des avoués et des huissiel's, dont bien des actes pour1•aient aussi être rédigés par les greffi.e1·set simplement enyoyés par la poste sous pli recommarnlé. Ces réfom10s sont à la portée des chambres actuelles. Malheureusement, elles ont contre elles une opposition systématique très intelligemment et très adroitement menée, car elle est dictée par l'én·oïsme et l'intérêt personnel. Avoués et huissiers ne veulent pas C' avoir moins c1'aifai1·espar l'extension de la compétence des juges de paix. et la diminution du nomlJre des tribunaux; ils ne veulent pas avoir moins d'actes à signifier; ils veulent continuer à gagner <le l'argent aux dépens des justiciables. '1'1·0ssotwent le public fait enclm,scr la responsalJilité de la chert~ de la justice aux avocats, qui n'ont <l'autre défaut que celui qui leur est commun avec les médecins de faire payer les riches pour les pannes. Maie;combien peu de p1·otestations conlre les aYoués et les huissiers, sans doute pal'ce qu'ils donnent <1uel<1tcHh'ose de matériel en échange de l'ar..,.. gent, du papier griffonné fort cher. - Que l'on passe le niYeau ép:alitaire sur la corporation des ayocatc; < t l'on verra pulluler ces agents com·eurs d'affaires, toujours flisposés à spéculer 1-(Ur le'>malheurs d'autrui. Quan<lune créance à recomTer, ou une succession à partager échoit à un pamTe, il voit se presser autour de lui dos <:mtremetteurs complaisants disposés à se charger du recouvrement clesa créance ou à s'occuper de ses affaires. Si un procrs est p:agné, il se trouve que le gagnant n'a fait que prêter ::-onnom et donne1· son droit à un tiers, et que la créance revendiquée passe entièrement en d'autres mains que celles du légitime propriétaire. C'est là un fait trop fréquent pour qu'il puisse être nié. Or, peut-on dire qu'un pareil abus, venant à se généraliser, offrira Yéritablement à l'indigent la faculté de revendiquer ses droits devant lajustice?- Cepenclant, supposons le monopole des ayocats supprirnf Le pauwo f'.Cra-t-il alors bien RÙr<le trouyer un défenseur gratuit? Et cetti} abolition diminuera-t-elle cl'un centime les frais judiciaires? Ce qu'il faut supprimer ce sont les avoués et leRhuissie1·s. Ce qu'il faut tout d'abord interdire, c'est l'odieuse exploitation du public par les avoués, les huissiers et parfois les greffiers qui font payer plus qu'il ne leur est dû. Les parties paient cc qui leur est dcmarnlé, parce qu'elles reconnaissent par les tarifs, parce qu'elles ne savent pas qu'elles peuvent préalablement demander la taxe. En matière d'assistance judiciaire, les officiers ministériels, avoués et huissiers.

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