• ASSISTANCE JUDICIAIRE 299 que les citoyens les pl-usfavorisés de la fortune. Peut-être même, par suite de l'ignorance et de la démoralisation trop fréquente tles classes indigentes, est-ce de leur sein que doivent surgir le plus fréquemment ces questions ardues et compliquées, qui portant sur l'état du citoyen et sur la constitution de la famille, ont un véritable intérêt social, et influent plus qu'on ne pense sur la moralité d'un peuple. Depuisla promulgation du Codecivil, une fouled'intérêts nouveaux avaient également surgi au sein de la société :ledéveloppement de la fortune mobilière, - l'action incessante de la loi ::;ml'es successions, qui, fractionnant sans cesse les fortunes patrimoniales, réduit bientôt à de minimes proportions une succession opulente, - les relations journalières créées entre le maître et l'ouvrier, - la valeur chaque jour mieux comprise du capital intellectuel, - enfin l'introduction de la société par actions, qui appelle les petites fortunes aussi bien que les grandes aux bénéfices et aux périls des entreprises industrielles, ont donné naissance à des contestations nombreuses, auxquelles le pauvre n'a pu échapper, commeon aurait pu le croire, appelé qu'il était par le mouvement des atrail'es, à prendre comme le riche sa part dans cette nouvelle organisation de la fortune nationale. L'ouvrier qui vit au jour le jour du produit de son travail, le journalier laborieux qui, à force d'économie arrive à élever sa modeste famille, le petit industriel, quelquefois ruiné sans ressources par d'imprudentes spéculations, n'ont que trop souvent à recourir aux tribunaux pour obtenir le paiement d'un salaire contèsté, ou pour sauyer du naufrage de faibles débris d'une chétive aisance, pour toujours anéantie. . On a souvent reproché à l'Assemblée constituante cet oubli des intérêts des 'classes les plus pauvres appelées à prendre leur part aux bienfaits du grand mouvement social de 1789.Sous ce rapport, comme sous tant d'autres le reproche était par trop sévère et injuste. L'Assemblée constituante, en abolissant la vénalité des charges de la magistrature et en proclamant le principe que désormais la justice serait rendue gratuitement, avait mis fin aux abus nombreux occasionnés par l'avidité des bas officiers des justices seigneuriales. L'introduction dans les lois de ce principe nouveau, n'avait fait toutefois que supprimer pour toujours la perception des droits connus sous le nom d'épices, droits perçus au profit du juge et payés directement par le plaideur pour prix de Ja justice rendue. La justice cessait d'être un des attributs de la propriété~territoriale. C'cpell(lant,sous peine cl'entraYcr la marche de la justice et de compromettre le respect dû à ses arrêts, le magist.rat ne peut, dans la plupart des cas, mettre fin aux diverses contestai.ionssournises à
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