L'ÉVOLUTION JII')RALE ET LE SOCIALISME Toute!! les actions moralement bonnes doivent dériver des lois mo1·ales que l'Ous prenons pour maximes, et les lois elles-mêmes doivent émaner du principe suprême de la moralité, qui veut universellement et nécessairement. Ce n'i:st qu'à certaines condition~ que les actions des hommes auront des règles certaines et déterminées. Ce principe général suprême peut étre exprimé de différentes manières, mais qui ne différetit point quant au fond. I. - Agis d'après les règles et les maximes telles que tu puisses vouloir qu'elles soient érigées en lois générales pour soi et pour tous les autres hommes. Si, pa1·exemple, nous ne pouvons jamais vouloir que ce soit une maxime générale parmi le3hommes de tromper, de voler, d'abréger sa vie par l'intempérance, nous rejetterons cette maxime comme moralement mauvaise. II. - Ne traite jamais les êtres raisonnables, toi-même ou les autres, comme de simple" moyens par des fins arbitraires, mais comme des fins en soi. Ceux-là manquent à cette maxime qui ne se servent de leur raison que pour se procurer de nouveaux moyens de jouissance et en oublient la principale destination. Il en est de méme de ceux qui traitent les autres hommes comme de simples choses, ainsi que de ceux qui compriment la liberté de conscience d'autrui par des vues ivtéressées, ou qui le trompent dans leur intérêt. III. - Agis d'après des maximes telles que toi-même si tu étais législateur universel, tu puisses les ériger en lois pour des êtres raisonnables. Ce que tu veux que les autres fassent ou ne fassent pas à ton égard, toi-même fais-le ou ne le fais pas par rapport à eux. li y aurait contradiction dans sa propre raison, si tu voulais que quelque chose te fût permis, quand ta raison trouverait d'ailleurs qu'il ne peut l'étre aux autres. Le devoir kantiste a deux grandes divisions : Les devoirs envers soi dont voici l'énumération 1 ° Chercher à conserver et à relever la dignité humaine; 2° conserver notre ~ie; 3° conserver nos facultés intellectuelles et travailler à les développer; q0 conserver notre santé; 5° conserver notre bonheur. Les devoirs envers autrui ont pour formule : 10 Respecter les autres étres comme des êtres raisonnables; 2° conserver ot augmenter leur dignité d'hommes ; 3° conserver la vie, la santé et toutes les forces corporellés des autres hc,mrues ; respecter et conserver leu1·s~iens; qo être véridique; 5° respecter nos engagements. Les devoirs se divisent encore en devoirs parfaits (obligatoires) et devoirs imparfaits facultatifs. Règle générale : ne pas faire le mal obligatoire, taire le bien facultatif. Noble et simple dans ses inspirations, élevée et pure dans ses buts, l'éthique kantienne a été moins heur~use dans la recherche de son critérium moral qu'elle a cru trouver, non pas dans les sentiments ailectifs et dans les intér~ts sociaux de l'ètrc humain mais
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