LA fiEVUE sor. r ALISTF. Athéniens de Salamine électrisés par Thémistocle et devant les confédérés de Platée qu'animent Aristide et Pausanias. Et ici, un fait inoubliable. Le jour même de la bataille <le Platée pendant que, sous le commandement de Léotichyde, les Athéniens vont achever la déroute des Perses dans les eaux do Mycale, ils choisissent pour cri de ralliement, Hébé, l' éte,·nelie jeunesse. L'histoire t'a prise au mot, ô glorieuse Athènes, métropole immort,,ne du génie, de la vaillance, de la liberté et de l'art! 'l'u brilles d'une éternelle jeunesse dans le temple de la postérité éblouie et subjuguée. Quedis-je, ta gloire artistique inégalée semble grandir à mesure que s'écoulent les siècles. C'est en vain que tu tombas sous les griffes de l'avide louve romaine; par tes philosophes, par tes artistes, tu domptas tes vainqueurs, et, quand ils voulurent implanter dans tes glorieuses murailles, leurs cirques, cette abomination des abominations romaines, tu refusas en montrant, du geste de Demonax, l'autel pieux. que, seule dans l'antiquité, tu avais élevé à la Pitié sainte, ornant ainsi ta couronne de gloire du fleuron de la bonté, le plus brillant de tous. Oui, plus réellement que la déesse qu'invoquèrent tes guerriers le jour de Mycale, tu brilles au sommet de l'histoire d'une éternelle jeunesse. La victoire de la philosophie contre la religion; des citoyens, contre les croyants, sera plus complète encore; car du triomphe de la liberté humaine la pensée va profiter. Bientôt, en effet, paraissent Epicure, le maître sublime de la philosophie matérialiste, Antisthène et Diogène les chefs de la forte école cynique, Socrate et Platon les créateurs de la morale idéaliste, l'encyclopédique Aristote. Ce philosophisme républicain débordant ne pouvait rester sur la défensive, en face du magisme religieux toujours menaçant et il eut encore un beau triomphe de la philosophie s'lr la religion, de la confiance de l'homme en ses propres forces contre la croyance résignée, lorsqu'après Issus et Arbelles, les trente-cinq mille piqueR helléniques du Macédonien étincelèrent des plages mustresde l'Asie Mineure et de l'Afrique occidentale aux rives presque fabuleuses du Gange et de l'Indus. Il fut bien manifeste cette fois que, lorsque la liberté et le civisme avaient présidé à son éducation, un peuple, même petit par le nombre, pouvait vaincre les anciens Dieux et leur arracher la direction des plus riches des plus-vastes empires (l ). (1) Ceci soit dit, sans prétendrn justifier l'orgie militaire de l'indigne héros dont la glorification est la plus odieuse mystification de l'histoire. Combien peu l'immense empire perse pouvait résister à des guerriers bel-
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==