270 LA REVUE SOCIALISTE d'Arachné); Diane est jnsociable et cruelle, Mercure est voleur de troupeaux et proxénète de Jupiter. )fars lJrutal et querelleur; Yt'.·nus,folle de son corps, Bacchus et Silène, cli'\"inisentlïntemp<''- rance, et Priape la fornication. Quant a Jupiter, roi des <lieuxet des hommes, qui a commencé par cléposs,~deret mutiler son père, par li-ner aux yautours clu Caucase Promèthée, le bon Titan, le sauveur des hommes, il est surtout le roi des ac1nltè1·es.Il deYint même le roi d'une autre sorte de gens, depuis que par l'enlèyement du bel éphèbe Ganymède, substitué à la raYissanie Hébé, l'adolescente divine, il eut donné la consécration olympienne aux mœurs érastiques d'ailleurs fort bien --ruesdans toute l'IIellénie et (l'institution nationale en Crète (1). Singulière éducation religieuse, on en conYiendra. Mais, il y avait compensation; la philosophie avait touché le sol hellénique de sa baguette d'or et élevé les ùmes en soulevant les problèmes de la vie, de la mort, de l"origine de l'évolution des choses, des devoirs et des droits politiques, bl'ef, des plus import.antes questions qui aient jamais fait battre le cœur humain. Au moment où nous sommes Phérécyde, Thalès, Anaximandre ont cherché les lois 1lumoncleet des choses avec les seules lumières de la science naissante et de la raison humaine. Parménide, devançant Spinosa de vingt-quatre siècles et la pléiaclephilosophique allemande de vingt-deux siècles, jette les fondements du panthéisme occidental. Héraclite, non moins grand, révèle le mystère de l'évolutionnisme et apprend aux hommes (qui ont rrtis plus de deux mille ans à le comprendre) que rien ne subsiste, mais que tout devient, l'éternel devenir étant la loi universelle des êtres et des choses. Prenant la vérité par une autre racine, Démocrite-lepremieret leplnsgrandancêtre du maièrialisme- enseigne, préparantles,oies à Leucippe qui va suivre, quo rien ne peut sortir de rien, que la matière éternelle ec:;tun composé d'atomes qui s·a~règcnt, s<-d>ôsagrègcnt et se mem·ent en tourbillons dans l'es1mcedont ils corn,tituent les pleins. Plus idéaliste, Empédocle apporte à l'humanitl; pensante l'idée féconde (reprise au xrx0 siècle par Saint-Simon et par Herbert Spencer) que le développement uniYersel résulte de périodes alternatives d'intégration et de dissociation. Dans l'ordre expérimental, Hippocrate crée la mèdecine, tandis qu'obéissant à l'inspiration des muses ciYiques, Eschyle, le ·père de la tragédie, ferme d'une ,1mefière et d'une main virile le temple du Destin, instaure dans Athènes le culte de la Sagesse et annonce, avec le règne des lois justes, les futurs triomphes de l'action humaine. (1) Letourneau : L'Evolution politique,
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