La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

L'ÉVOLUTION MORALE ET LE SOClALISM~ :2(3'.) rage dans les enseignements philosophiques a quelquefois vaincu et subjugué les masses innombrables de sujets relevant pourtant de la plus sublime des morales religieuses. Cinq siècles avant l'ère vulgaire, la monarchie perse était a son apogée. Maîtresse de l'Asie-Mineure et de l'Asie centrale, de l'Afrique occidentale, elle débordait sur l'Europe qui était gardée seulement par le petit peuple hellénique divisé en cités républicaines ennemies. Au point de vue religieux, la supériorité perse éclatait a tous les yeux. La étaient en vigueur les enseignements de Zoroastre le plus pur et le plus grand des révélateurs religieux. On connaît la conception parsiste : Ormuzd avait créé toutes choses parfaites; mais Ahriman a intro,iuit le mal dans l'Univers, et le grand combat se livre d'un côté, entre Ormuzd, génie du bien ayant pour auxiliaires les sept Amschaspands, chefs eux-mêmes de la foule innombrable des Izeds (sorte d'anges) et les Ferouers (sorte d'âmes) et, d'un autre côté Ahriman, génie du mal, ayant pour auxiliaires les sept Dar vands, chefs eux-mêmes de la tourbe immense des Dœuas ou esprits du mal. La bataille sera longue et terrible, non éternelle néanmoins, car Ormuzd l'emportera et Ahriman lni-même s'amendera avec tous les siens et viendra s'absorber dans la pure lumière de l'éternelle justice et du bonheur universel. Il en sera ainsi de tous les méchants; après une période d'expiation, il viendront purifiés, réconciliés, partager la félicité des bons qui deviendra ainsi universelle et éternelle. 1'el était le dogme; voyons la morale. Le Nekah ou bénédiction nuptiale, promulgué par Zoroastre portait : ., Au nom du Dieu libéral, bienfaisant et miséricordieux. « Au nom d'Ormuzd secourable. Soyez instruit de ce qui est pur! Faisant le_ bien d'une manière convenable, appliquez-vous à penser le bien, à dire le bien à faire le bien ... Dites la vérité au milieu des grands. Parmi vos amis, ayez' le visage doux et les yeux .b~enfais~nts. _N? f~ites ~as ?e, mal à v~ti:e prochain. Ne vous laissez aller ni a 1envie, Ill a l orgueil, m a la. vamte. Ne prenez pas le bien d'autr~i; abstenez-vous de la femme de vot~'3 prochain. Fuyez les méchants. Repondez avec _douceu_r à votre ennemi. Rendez-vou~ plus célèbre que votre père. Ne faites pomt de mal à votre mère. Comme le corps et l'âme sont amis, soyez l'ami de vos frères, de votre femme, de vos enfants. • Quelle comparaison établir, au point de vue moral, entre l'olympisme hellénique et le magisme perse? • . Les dieux de !'Olympe ne diffèrent des hommes que par la pms- ' sance plus grande et la perpétuité de la jeu~es~e; i_lsont tous les vices de µotre pauvre engeance. Junon est vmdicative, Apollon et Minerve sont bassement jaloux (supplicede Marsyas, métamorphose •

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