LA REVUE SOCIALISTE Dieu omniscient et omnipotent qui aurait créé le monde et les centaines de milliards d'êtres humains destinés à l'habiter successivement, dans le simple but de les livrer aux plus effroyables supplices dans des flammes d'inassouvissable haine, d'éternelle et inepte vengeance? Et cela, non pas même d'après les mérites forcément très relatifs de créatures que ce Dieu aurait faites, en somme ce qu'elles sont, bonnes ou mauvaises, mais d'après son bon plaisir? à lui, Dieu aussi suprêmement méchant que souverainement puissant? Or, tels sont bien les enseignements de Paul de 'farse, levéritable fondateur du christianisme, l'apôtre universel, également qualifié de plus grande lumière chrétienne, par les catholiques et par les protestants (1). Il y eut bien des ré,oltes contre la monstrueuse doctrine; mais ayec l'appui <lesCésars byzantins, Augustin, le gecon<lfondateur du christianisme, la fit triompher et. il <levint bientôt article de foi que « tous les hommes ont mérité la damnation, que si quelques-uns, sans aucun mérite de leu,· part sont épargnés, c'est le pur effet d'une miséricorde toute gratuite. Quant aux autres ils ne font que subir u,n juste châtiment (2).~ Vous ayez bien lu : Lorsque l'on songe que la damnation, si libéralement octroyée a tout le genre humain au caprice <l'unDieu impitoyable et fantasque, c'était une éternité d'inénarrables supplices clans des flammes inexorablement éternelles, on ne peut que frissonner d'indignation (1) « Il en fut ainsi de Rébecca, qui conçut du seul Isaac notre père; car quoique les enfants ne fussent pas encore nés et qu'ils n'eussent fait ni bien ni mal, afin que le dessein d'ébction de Dieu subsistât sans défendre des œuvres et par la seule volonté de celui qui appelle - il fut dit à Rébecca : lo plus grand sera assujetti au plus petit; selon qu'il est écrit : j'ai aimé Jacob et j'ai aimé Esaü. « Que dirons-nous donc~ Y a-t-il en Dieu de l'injustice ! Loin de là I Car il dit à Moïse : Je ferai miséricorde à qui je fais miséricorde, et j'aurai compas• sioa de qui j'ai compassion. Ainsi donc, cela ne dépend ni de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fuit miséricorde. Car !'Ecriture dit à Pharaon : je t'ai suscité à dessein pour montrer en toi ma puissance, et afin que mon nom soit publié par toute la terre. Ainsi il fait miséricorde à qui il veut, il endurcit qui il nut. « Tu me diras : Pourquoi blâme-t-il encore? Car qui est-ce qui résiste à sa volonté î O homme, toi, plutôt qui es-tu pour contester avec Dieu î Le vase d'argile dira-t-il à celui qui l'a formé : Le potier n'est-il pas maitre de l'argile pour faire avec la méme masse un vase d'honneur ou ua vase d'un usage vil 1 Et que dire, si Dieu voulant montrer sa colère et faire connaître sa puissance, a supporté avec une grande patience des vases do colère formés pour la perdition et s'il a voulu faire connaître la richesse de sa gloire envers des .vases de miséricorde qu'il a <l'avance préparés pour la gloireh (Epître de Saint-Paul aux Romains.) (2) Saint-Augustin : La Cité de Dieu.
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