La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

L'ÉVOLUTION J\IORALE ET LE SOCIALISME 2G3 temps du roi Sédécias, et cette année-la fut, dans un petit coin de la Palestine, une année d'affranchissement de tous les esclaYes et de dist.ribution des terres (1), véritaùle révolution sociale, dont les conséquences bienfaisantes furent stérilisées par la captiYit.édeBabylone. Pourquoi faut-il ajouter que la morale biblique si justement qualifiée par~. S. Mill de « système bai·bare fait pour un peuple barbare (2) » est bien supérieure, au point de Yuepratit_tue,a la morale chrétienne. II. - LA 1110RALE CIIRÉTlENNE. L'évangélisme que, par la plus étmnge des adaptations, on a fait dériver du judaïsme, en paraît l'ex.acte contre-paetie. La morale judaïque est toute utilitaire; entee Jého-vnh et son peuple, c'est donnant donnant, tandis que la m1Jrale én111gélit1uei,nsoucieuse <)u monde, semble un écho du Bouùtlhisme (:3).Mais ce n'est pas d'elle que s'inspira le christianisme. Du doux et légendaire Jésus de Nazareth si misét>icordieux aux. pêcheurs, si bon aux souffrants, les docteues du christianisme ont fait un Dieu incomparablement Cfüel, inconceyablementinjuste. Ne dépasserait-il pas en effet les limites du plus atroce arbitraire, le (i) L'église catholique a donné une triste parodie du Jubilé émancipateur et égalitaire de Jérémie par l'institution du même nom que Boniface VIII inaugura en 1300 et qui ne fut (il est resté tel) qu'un prétexte à fiscalité pieuse. (2) J. S Mill, De la Liberté. (3) « Bienheureux les pauvres d'espt·it,parce qu'à eux appartient Je royaume des cieux. Bienheureux ceux qui sont doux parce qu'ils posséde,·ont la tene. Bienheureux ceux qui pleurent parce qu'ils sernot consolés. Bienheureux sont ceux qui ont faiU1et soif de la justice, parce qu'ils seront rassasiés. Bienheureux les miséricordieux, ,parce qu'ils obtiendront miséricorde. Bienheureux les pacifiques parce qu'ils seront appelés fils de Dieu. Bienheureux ceux qui souffrent des persécutions pour la justice parce que le royaume des cieux est à eux. « Vous avez appris qu'il a été dit : œil pour œil, dent pour dent. Et moi je vous dis ne pas résister au mal que l'on veut vous faire, mais si quelqu'un vous frappe sui· una joue, tendez-lui l'autre, et si quelqu'un veut vous prendre votre tunique abandonnez-lui encore votre manteau. « Vous avez appris tiu'il a été dit: Vous aimerez votre prochain et vous haïrez vos ennemis. Et moi je vous dis: Aimez vo~ ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent et priez pour ceux qui vous ~erséc~tent et qui vou_scalom: nient afin que vous soyez les enfants de votre pore qm es~dans le~ ~ieux, qui fait lever son soleil sur les bons et sui· les méchants et fait pleuvoir egalement sur les justes et sur les injustes. Car si v~us_n'aimez• que c_euxqui ~o~s?aiment, quelle récompense aurez-vous 1 Les pu_bhcarnsne le font-11~pas arnsi. « Et si vous ne saluez que ceux qui vous saluent que faites-vous en cela de plus que les autresî . . . , . . « Ceux. qui ne sont pas Jmfs ne le font-ils pas aussi i Vous, soyez parfaits comme notre Père céleste est parfait. ,.

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==