La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

LES ÉLECT!ONS ALLEMANDES LESÉLECTIONSALLEMANDES C'est avec un sentiment de joie intense et d'admiration profonde pour nos coreligionnaires d'outre-Rhin, que nous avons appris le résultat des élections du 20 février, complétées par les scrutins du 28 février et du 1e• mars. Jamais, dans aucun pays, durant une période de recueillement et d'organisation des forces populaires; alors quepèsent de tout leur poids sur les épaules des opprimés les iniquit.~s sociales de notre système économique; sous un régime de compression politique comme le régime allemand, - un parti de progrès et d'affranchissement social ne s'était affirmé avec un pareil succès. C'est une poussée irrésistible, une irruption formidable, d'autant plus redoutable et redoutée par l'ordre de choses qu'elle menace, que cette poussée est régulière, méthodique. Il y a eu, sans doute, dans l'histoire sociale du x1x0 siècle, de soudaines et splendides affirmaiions prolétariennes. Mais on n'avait jamais vu une organisation pacifique comme celle du socialisme allemand, se développer ainsi dans des conditions de croissance normale, je dirais presque automatique. Devant ce mouvement d'expansion incoercible, que rien ne peut plus comprimer ni enrayer; devant cette force naturelle dont la vague menace de submerger l'empire d'Allemagne comme un fétu, on se prend involontairement à réciter les imprécations du grand poète qui a prédit à son pays l'effondrement de l'empire colosse, aux pieds d'argile, dont le poids écrase l'Europe haletante et qui, lui-même, étouffe sous le haillon qui ferme sa bouche : « Que justice se fasse I Qu'il soit brisé, ce vieux monde où l'iuno- « ccnce a péN, où l'égoïsme a prospéré, où l'homme a été exploité << par l'homme! Qu'ils soient détruits de fond en comble ces sé- • pulcres blanchis où résidaient le mensonge et l'iniquité I Oui, ces « soi-disant représentants de la nationalité en Allemagne, ces faux c patriotes dont l'amour pour la patrie ne consiste qu'en unQ aver- « sion idiote pour l'étrange!' et les peuples voisins et qui déversent « chaque Jour leur fiel, notamment contre la France; oui ces débris, 11 ces descendants des teutomanes de 1815, qui ont seulement mo- <1 dernisé leur ancien costume de fous ultra-tudesques et se sont un c peu fait raccourcir les oreilles, je les ai détestés et combattus pen11 dani toute ma vio et maintenant que l'épée tombe de la main clu 1;

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