250 LA REVUE SOCIALISTE « moribond, je me sens consolé par la conviction que le socialic;me, « qui les trouvera le premier sur t,;On chemin, leur tlonnern le coup « clegrâce, et cel'Lainementce ne sera pas un coup <lemassu e, non; " c'est par un simple coup de pied que le géa nt les ét:rasera ain~i « qu'on écrase un crapaud. Ce sera son début. - Aujourd'hui les « nationalisles et la mauvaise queue de 1813 p1·é<lominentenco1·e « en Allemagne et ils hurlent avec la permissi on ,le monsieuP le « maire. Hurlez toujours! Le jour -viemlraoù le fatal coup <le pied « -vousécrase1·a. .Jepuis, sans inquiétmle, quitte r le monde. » C'est en 1833, sur son lit 1l'agonie,un piecl déjà. clans la tomb e, <fllC Jiem·i Heine jetait ces imprécations au cham inisme de son pays. S'il eût vécu, s'il eùt assisté à.la catastrophe d e 1870-1871, quel cri c1ecolère n'eùt pas al'raché a son cœur ile patl'iote claü·rnyant le tl'iornphe des nationalistes emngés dont la Tictoi1·en'a pas seulement consommé la délaite matérielle de la Fnmce. mais encore la ruine intellectuelle et morale cle l'Allemagne. Ma is le spectacle cle la marée montante du socialisme, mol'dant de s es flots soul'ds le piecl de la l'Ocheau faîte de laquelle se dl·esse le militarisme impérial, eût fait uattre son cœur généreux et Ou\·ert son üme à l'espémnce de jours meillem·s. N'est-ce pas, en effet, le commencement de la fin pour l'Allemagne militariste et féodale, c ette affirmation 1l'autant plus éclatante qu'elle est plus paisible, <lesmasses ourrièros allemandes, unies dans un effort de cohésio n que 1·ien ne peut rompre, pas plus les promesses des rescl'its tle l'empereur que l'impitoyable répression des lois élaborées par M. de Bismarck 1 Car les conditions dans lesquelles les élection s se sont faites au mois de fénier sont singulié1·es et méritent qu'on s'y anête. - D'une part, au début de la période électora le, la publication cles rescrits, éclatant comme un coup de foudre , est venue jeter le désarroi dans les camps des partis gouyernementaux et fournir aux socialistes une a1·mede premier ordre, pour ju stifier leur opposition ü·réùnctible contre tous les partis de la bourg eoisie allemafüle ; de l'autre, une rec1·udescence de séYérité a été d éployée dans l'application des lois d'exception contre les socialist es. Quelle que soit, la sincérité et la nature de s mobiles qui ont dicté à l'empereur son programme économiq ue arboré à l'ouve1·- ture de la période électorale - et on ne peut en core soupçonner cette sincé1·ité- il n'est pas douteux qu'il espérait entraîner les masses ouvriè1·esà sa suite. Mais les partis bom·geois, à la lecture des projets de l'empereur, ont été complètement dè,ol'ien tés, et les socialistes, ayec une rapidité de décision qu'on ne saurait trop admirer, se sont empal'és des proclamations de l'empereur, devenues dans leul's mains une arme contre la majorité gouve rnementale. De telle sorte que : d'une part, l'empereur a rn sa tentative réformiste
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