La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

REVUE DES LlVR~S 245 ti~n. Que l~ bienfaisllnce ~oit réorganisée et que cesse enfin ce scandale de ne vou· secourir que ceux qui affectent des sentiments l'elio-ieuv Qu'o ·11 l h . · l . . . . o .... n surve1 e ~s. opitaux et es autres 10shtut1ons; si le Conseil fait cela, il au l'a bien mé• nte du pays et surtout de la classe ouvrière. PORTUGAL STATISTIQUE RÉPUBLICAINE. - Il y a au Portuoal 97 comités rép~blicains et 17._000affiliés; douze journaux sont ;ubliés dans 1~ capitale et la provmce, et le parti a deux députés au Parlement. La moitié du conseil municipal de Lisbonne est républicaine• dans les provinces, il y a beaucoup de municipalités républicaine~ et mêmes socialistes. A. VEDER. REVUE DES LIVRES Études sociales, par Charles SECRÉTAN, 1 vol. in-18, p1·ix3 fr. 50, Paris, 1889, Alcan. Je n'ai fait qu'iodiquel', dans le dernier numéro de la Revue Socialiste, l'apparition de ce livi-e. J'y reviens aujourd'hui pour deux motifs : la personnalité de l'auteur et la nature du sujet qu'il traite: M. Charles Secrétan, philosophe spiritualiste éminent, est protestant; protestant croyant, pratiquant, collaborateur à une foule de journaux religieux, suisses et français, en même temps qu'à la Revue philosophique de Paris. Or, le monde pi·otesLant, au moins le monde protestant français - était resté fermé jusqu'à ce jour à l'étude des problèmes sociaux; j'entends pat· là l'étude qui a pour point de départ ua vif sentiment des injustices et des rr.isère:1sociales, entreprise dans le but <le!'emédier à l'état de choses lamentable de l'organisation économique actuelle. Tandis que le monde catholique est de plus en plus agité par les préoccupations sociales, pour le monde protei:,tant, le grand problème semble ne pas exister. On y nie même avec une impitoyable énel'gie l'existence de la question« sociale ». Ce qni semblerait donner raison à la thèse soutenue par mon éminent ami Laurence Gronlund, dans sa Cooperative Commonwealth. D'après lui, l'individualisme religieux du protestantisme aurait donné naissance au libéralisme économique, proclamé de bonne heure le dernier mot de l'art social dans le pays de race anglo-saxonne. C'est ce personnalisme religieux excessif, aboutissant naturel du libre arbitre en matièl'e de foi, qui aurait contribué à développer l'esprit d'entreprise et des ardentes compétitions économiques · c'est lui qui aul'ait aidé l'Angleterre et l'Amérique à réaliser les progrès êconomiques compatibles avec la fol'me de production individue(le. Qu~i 1u'il en soit de cette thèse, nous avons pu constater en France combien le hberalisme économique le plus intransigeant dominai_t <I_ancs~rt_ainsmilieux ~rntestants - appartenant malheureusement au par~1 r~1fübhca10,sur lequ~l _ilsont exe1·cé et exercent encore une influence aussi desastreuse que cons1derahle. ' Aussi est-ce avèc un grand intér&t que je suis depuis longtemps les efforts de }a pensée de M. Stlcrétan pou1·concilier ~vcc le~ dr~its acquis un e_nsemblede l'éformes susceptibles d'améliorer au mo10s la situation du prolétariat, tout en

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