244 LA REVUE SOCIALISTE présentaient dix. candidats et la gauche libérale avait décidé de ne pas leur opposer de candidats dans les circonscriptions où ils luttaient. - La droite a perdu quatre sièges dont trois à Copenhague. Trois socialistes sont élus dont deux à Copenhague. La gauche intransigeante a enlevé plusieurs sièges à la gauche modérée. Le socialiste Holm l'a emporté à Copenhague par 8.554 voix contre 7.176 obtenues par le candidat de droite. ITALIE LA CRISEÉCONOMIQU-E. Sous le titre de Finances italiennes, la Nuova Antologia a publié une étude financière de l'ancien ministre, M. Magliani, laquelle examine la situation actuelle due à l'accroissement des dépenses militaires et à l'augmentation incessante du déficit qui atteindra cette année plus de cinquante millions. La crise économique, commencée en 1885, n'est nullement terminée, elle est, au contraire, aggravée à la suite des désastres monétaires et financiers. Elle n'a plus de caractère déterminé, mais elle a pris une forme génèrale et complexe. Le ministre de l'Intérieur a adressé aux préfets une circulaire les invitant à avertir les ouvriers désireux de venir à Rome, qu'ils n'y trouveraient pas de travail et que la police les ferait rapatrier. Cela montre que la misère, qui règne dans les campagnes, existe également dans la capitale où le gouvernement veut empêcher le rassemblement d'un trop grand nombre d'ouvriers sans travail, dans la crainte de nouveaux troubles semblables à ceux de l'année dernière. Des troubles sérieux ne seront cependant pas évités, car la crise économique et industrielle devient plus grave tous les jours. Le nombre des faillites est énorme. Les travaux du bâtiment sont presque partout suspendus. Des milliers d'ouvriers sont sans ouvrage. Ainsi à Naples quatre cent cinquante ouvriers menuisiees sans trarnil ont fait une manifestation à travers les rues de la ville; ils portaient des pancarte~ sur lesquelles on lisait : Pain et travail. LE SOCIALISME A ROME. - Depuis les dernières élections, le conseil municipal de Rome compte neuf conseillers ouvriers. L'un d'eux, le citoyen Véraldi, a prononcé un important discours, dont voici quelques extraits : Ce que je recommande au Conseil, c'est de diriger son attention vers les clas~es travailleuses lorsqu'il ordonnera de nouveaux travaux. Quand on devra décréter de nouveaux impôts, faites en sorte que ceux-ci ne frappent pas seule- •~ent les ouvriers. Lors des adjudications, songez aux sociétés coopératives, dont le but est d'émancipe1· la main-d'œuvre de ]a tyrannie des spéculateurs. Que l'instruction soit laïque et -1u'on facilite l'entrée des enfants pauvres aux écoles en leur donnant ce qui leur est nécessaire, nourriture et inetruc-
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