La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

::20 LA HEVUE SOGIALISTJ<~ pital, mais il::; le supvtièrent ile n'en rien faire, cai- leur sahli1·c aYaiL été retenu poul' les impôts, et comment Yin'C aYcc de nouvelles réductions? Dans les mines <l'or de la Sibéi-ie, un propl'iélril·e, craignant que la 11101·t<l'un oun·icr malade ne lui c:ausc des ennuis, le conduit au milieu <l'une fol'êt vierge et 1'.vabandonne'; un aufre omTier, ayant une jambe gangt·cnée, est mis à la porte; on le décom-re, quelques jours apl'ès, agonisant sur une fom·milièt·e ; un phtisique est renYoyé; lrs paysaus le 1·eti·ouvent il moitié déY01·é par les lou1is. (Ab1·amoff1882.) Il y a rependant, - à tout seignem·, tout honnem·, - quelques exemples de bonne , olonté. Ainsi, dans c1uelc1nesinfü·mel'ies, 011 ü-ouvc des pharmacies rudimentaires; les soins sont donnés pa1· uu Yéritable infi1·mie1·,et un méclecin vient une ou plusicut·s fois par semaine; mais il ne fait en gént'ral que signer le rnppod. c1u'on lui présente. Enfin, à Moscou, dans l'usine Flan<len, <1ui oC'cupc 230 ouvt·iel's, il y a un hùpital, vcti(, mais p1·op1·ccL gai, avec clcs lits en fer, du linge et clos couYerlurcs blanches, de _jolies tables <le nuit, une biblioU1èque contenant <les linos de médecine populaire, et une bonne pharmacie; mais - pourquoi {aut-il c1u'il y ait toujours un mais?- point d'inlirmicl'; les médicaments sont clislt'ibués par les fils clu J)l'Opt·iétairc, et le rnéclccin d'al'rondisscment , ient ü·ois fois par an ! Quant aux acciclents p1·ofcssionnels, les oun·iet'S .r sont cx-1ioscs plus souvent en Russsie qu'ailleurs à cause <lnmanr1uc ile cultm·<' technique de la plupart des fabl'icants, Ile h'u1· négligente, si cc n'est de leur cupidité, de l'iusuflisance clu cont1·ûle cles autorités, et, il faut bien le dire, clc l'absente de sympathie et c1ïnitiatiYe chez les classes clil'igcantes. Point de garde-fous, <l'enveloppes protectrices des counoies ou des engrenages; les passages ménagés cnt1·e les machines sont cl'un0 étroitesse incroyable, <le27 à 42 ccntimèfrcs au plus. (Pogoµ;cfL)On fait nctto,rer les machines pendant qu'elles sont en mouvPment; il y a eu, de cc chef, en deux ans, dans une seule fabric1ue du tfo,lrict de Vcreisk, cent acciclcnts sur deux mille ounic1·s. On cite entre autl'es l'exemple d'un om-rier cl'unc' falJ1•iqur de cretoune, qui, ayant rcc_:ul'o1·drc de lranspode1· d'une salle à une autre un cylinclrc pesant GJ)OlHls(80 kg.), fut <.'.•crasépa1· sa chaq~e en 11assant sut· nne planche trop faible pour le porter. L'cuquî•lc clémontr·a que l'aceiclcnt était aniv6 par la volonté clc Dieu! .. L'ouvrier aYait une J'cmn1eet quat1·c enfants, c1ui 1·eslèrent sans ressources. Le propriétaire se montra génét·cux : il donna à la wuvc 20 fr. pom· l'enterrement, et 14 mètres de cretonne! Dans lllll' f'aht·iquc de la ville cleSe111oukho{,le graisscm·, se trou- ' ant sm· une échelle sans crochets, tomha dans la machine et eut lt'

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