La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

LE PEUPLE RUSSE ET SUN GOUVERNEMENT l!) g1·aude partie êt1·e aUt·ilrné au gonvcrneme11t lui-même. Parce 11u'il y a en lJarmi les éLn<liants et les ctudiautes qneh1ues nihilistes 11ui ont conspit·é cont1·e l'onlt·e élabli en Russie, l'accès anx t'coll's secoudaires et. aux facufü,s des uniYc1·sités a été 1·enrlu de plus en plus difficile, et les écoles de m(!dcciue rlcstiuécs aux. fen,mes ont été complètement supprimées. Le nombt·L· des jeu11cs gens et des jeunes filles qui se destinaient à la ca1Tiè1·e rnéclicalc, von,· la plupart sans auti·e but que la bienfaisanc(' ht plus désinté1•pssée, a été eé1luit <l'une maniè1·0 extraordinaire (1). Le p1•ofesscur Erisniaun a Yisité 20,1 fab1·ü1tte5: :28 seulcmeut possédaient un local désign(• comme i11ü1·merie, et. quel local! Gu pctif, réduit séparé <lu dol'toir commun par une mince cloiso» en bois, sans senice spécial, sans médicameuls. Le médecin de l'a1·1·on<1ii-;semeut es't censé desse1·vi1· ces infinnel'ies; mais il a 33,000 onn·iei·s à surrcill01· ! Aussi les soins sont-ils donnés pa1· un onv1·ict· àgé 011 par une vieille femme, à moins qu'ils nt> le soient par ... pcl'sonnc. M. Pogogeff, pendant. son inspection, assista à la visite du mé1lecin dans une fa!Jr·iquc <le•iOOou·nie,·s; le mèdecin ex.umina quatre malarles en lG minutes et pal'tit. Cependant, l'inspcclelll' avait 1·e11contré plusien1·,; ounie1•g ti-embla11!. de fièyr•e. 11 y en avait de ma-• lad es depuis troig semaines; ils ont continué à tmvailler jusqu'a la dernière extl'émilé; cm·, du joui· où ils inLe1·1·ompcntleur tmrnil, ils ne sont plus i,a,rés; heureux. si, lo1·sqn'ils n'en peuvent plus, on leur pe1·met de se 1Jl0Lti1d·aus <1 uelq ue coin au lieu <le les chasse1· tout simplement. L'inspecteur <lc111anda ù. l'un <l'eux pour<1uoi il 11e se faisait pas soignPr·; il avait p1·is une pond1·e presc1·itc par· une Yicille femme, et qui lui aYait fait clumal. - :\fais pom·c1uoi 1ù1.Yez-Youspas co1ùmllé un médecin'? - Un médecin! oh, ce n'est pas pou,· nous, c'est pom· les rncssieul's ! Le plus sotffc1it, log ou rriet·s malades sont payés et congédiés. Que deYionumli-ils? periwnne ne s'en préoccnpP. Dans les fabriques <lepo1·cclaiuc du <lépar·tenwnL cil' l\Ioscou, il n·existc point ,l'infirmerie, et les oun·ie1·s mala1les sout i1uméclialcment renvoyés. C'est au cœm' de la H.ussie <tue cela se JJasse, clans l'aima mater panslaviste ! Qu'on juge de ce t111cec doit drc· dans les l'égions lointaines! M. Matwéeff a trouyé clans les pêcheries tk 'l'Obi, Yivant au fond <leYéritablcs tanières, des malheureux atteints de rachexie paludéenne, et hc pouvant se tenir tlcbout ; il -roulut les cnYoym· à l'hô~ • (1) Pour les services rendus par les femmes mé:lecins pe_ndant l_a gu~rre turco-russe, voir la thè.se <le Mme Sr.hultze, La (emme médecin. Paris, OlherHoury, '1S88.

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