• LA QUESTION JL'IVE 233 teurs ùe l'exploitation prolétarienne. Les priYilèges du ~apitafo;me financier ne diffèrent pas clespriYilèges du capitalisme agricole ou industriel. La propriété privée des instruments de travail sous toutes ses formes, asservissant à son titulaire celui qui est dénué de toute propriété, Yoilà la source des iniquités sociales. C'est elle qu'il faut poursuivre a tous les degrés de l'organisation économique, en substituant progressiYement la propriété sociale a la propriété individuelle et en assignant pour fin à la production, non la réalisation du profit individuel, mais la réalisation du profit social. L'antisémitisme ne préconisant à aucun degr:éune solution conduisant à ce résultat, les socialistes ne sauraient Yoir en lui un adjhvant, mais seulement une de ces manifestations désordonnées, équiYoques et sans portée, comme il s'en produit tant depuis deux années dans le chaos de l'anarchie politique et intellectuelle inauguré par le boulangisme. Une considération, non moins importante que celles déjà exposées, nous fait rejeter l'antisémitisme : c'est qu'il se place sur le terrain de la guerre des races. Par là, son action pourrait être malsaine, si nos populations n'étaient, fort heureusement, a l'abri des sugges - tions qui, en Russie, en Autriche et en Allemagne, ont provoqué des scènes de sauYagerie populaire lamentables. L'espace nous fait défaut pour traiter ceLtegraYequestion des races soulevée par l'antisémitisme.Nous nous bornerons à quelques obserYé\tions,suffisantes, croyons-nous, pour justifier notre opposition. Le Juif, dit-on, appartient à une race inférieure, qui dans l'histoire de la ciYilisation, apparaît comme fermée aux intérêts nobles et généreux des races civilisatrices. L'assertion est douteuse. Admettons cependant le postulat. Il ne prouye rien contre les Juifs français du x1x0 siècle, noyés, en nombre infime, dans les flots d'une population ambiante qui les étreint de toutes parts. Affirmerait-on, par hasard, que le milieu de la race dans lequel ils sont transplantés depuis des siècles est impuissant à les transformer'( Les caractères sociaux qu'on leue attribue et qu'on invoque pour jus.tifier leur infériorité, contrediraient formellement une telle assertion. L'histoire nous montre, en effet, le peuple juif sous les traits d'un peuple ex.clusiYementpasteur et agricole, ne se livrant que peu ou point au commerce. Et à cette heure, on reproche au Juif' ses aptitudes exclusivement mercantiles. N'est-il pas évident que ce sont là des aptitudes acquises dans leur séjour parmi les nations européennes où on les a réduits à. faire le commerce de l'argent? Les caractères sociaux du Juif ne sont donc pas les caractè1'esoriginaux. de sa race, et ceux-ci peuvent être modifiés par le milieu où ils vivent. On a une preuve des modifications importantes· que le milieu détermine sur la race juive par la comparaison
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