La Revue socialiste - 1890 - Tome XI - vol 01

228 LA REVUE SOCIALISTE lui attribuent, si rien en un mot ne le distingue du ca pitalisme proprement tlit. Or, il n'est pas difficile de prouver combien est in justifiée la ligne ,le démarcation que les antisémites prétendent établir entre les capitalistes juifs et les capitalistes chrétiens. Ils accusent les premiers d'être sans patl'ie, de ne tenir compte dans le urs opérations que du gain a réaliser, sans se préoccuper si leurs manœuvres fin ancières portent parfois un préjudice considérable à leurs pays d'adoption. Et les capitalistes chrétiens? M. Bontoux, finan cier catholique, sacré martyr par M. Dl'umont et ses amis, a pris la peine de nous dire lui-même, clans un livre justificatif, sur quel les bases reposait la fortune de l'Union générale. Que l\I. Drumont et ses lieutenants relisent un peu le plaidoyer de l\I. Bontoux et sans se laisser prendre a ses déclamations antijuives et antimaçonniques , qu'ils scrutent un peu les opérations auxquelles il se f o-rait. Ils verront que M.Hontoux, tout comme les Rothschild et aut res Ephrussi, draînait l'argent français pour le porter clans les cais ses èle la Laender Bank de Vienne, par lui fondée sous les auspices de 1\1. le comte KalnocJ.:.y,qui n'est pas, que je sache, un grand ami de la France. Ils verront encore dans ce lh-re comment le fin ancier aryen axait rèYé de fonder une banque catholique et de c ombattre dans le monde l'influencejuiye en fournissant a l'Autriche et a l'Allemagne les moyens cleconstruire les chemins de fer qui l eur sont indispensables, pour assurer lem influence politique cla ns les Balkans, au détriment de tout. autre pays, y compris la Fra nce et la Russie. L'agent général de M. Bontoux en Hongrie était l e très noble et très catholique vicomte Emmanuel d'Ilarcourt, lequel mettait au senice de l'Union sa situation de consul général de Fr ance, pour traiter a.-ec ~I. Tisza l'accord financier qui devait faire de la société de M.Bontoux la grande machine de guerre catholiqu e moralisatrice (r) contre le _judaïsme et la franc-maçonnerie. C'es t entre ces compères bien pensants et catholiques, que fut ordo nnée la construction des chemins de fer serbe , ouverts de l'iisc h a Belgrade, sur la frontière hongroise, afin de permettre aux pr oduits austro-allemands de pénétrer en Serbie; en commençant le s trayaux par Salonique, ayec 1·accordement sur les chemins de M. IIirsch, les produits français eussent été fayorîsés; c'est pour empècher cela, qu'on construisit en quelques mois la ligne de 320 kilo mètres aboutissant à Semlin et qu'on mit trois ans à faire les quelq ues kilomètres de raccordement sur Salonique. J'ai raconté un peu plus longuement, dans la Ravue socialiste (1), le rôle joué par l'union générale dans ( i) Voyez dans la Revue de juin 1889, notre article : La vérité aur Zea che• mins de fer Serbés, tiré en brochure et en vente aux bureau x de la Revue.

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