226 LA REVUE SOCIALISTE été rejetées toutes les propositions de nature à protéger la classe ounière contre l'omnipotence du capital. La République proprement dite ne saurait donc être rendue responsable de ce qu'elle n'a pas pu empêcher. Certes, nous ne prétendons pas atténuer la responsabilité grave assumée par ceux des républicains qui ont fayorisé la féodalité capitaliste. Mais il ne faut jamais oublier que ce n'est que grâce à l'opposition systématique des partis conservateur et catholique français, hostiles à toute amélioration sociale, que le peuple n'a pas eu le gouvernement justicier et réparateur qu'il s'attendait à trouver dans la République. Quand donc nous voyons, derrière M. Drumont et M. Je marquis de Morès, partir en guerre contre le capitalisme juif, les tenants de tous les anciens régimes, nous ayons le droit de suspecter la bonne foi de ces néophytes réYolutionnaires; et nous avons d'autant plus le droit de dénoncer leur campagne comme un piège dressé à la République et aux aspirations égalitaires des travailleurs, que nous avons appris, dans le livre même de M.Drumont, l'attitude servile de l'aristocratie nobiliaire deyant l'aristocratie financière et particulièrement deyant l'aristocratie juiYe. C'est M. Drumont, en effet, qui nous a introduit dans les antichambres deM. deRothschild, où il nous a montré les descendants des plus nobles familles françaises, courbant dévotieusement l'échine devant sa majesté l'argent incarné dans le banquier de la rue Laffite. C'est lui qui nous a appris que la moitié du faubourg St-Germain était entretenue par les Juifs. Est-il besoin de rappeler les relations étroites de la famille d'Orléans avec M. de Rothschild? C'est dans les salons de ce dernier que la fille du comte de Paris a fait ses débuts, ce qui fit dire à Drumont : ((Quel début pour une fille de France! ,. Faut-il rappeler le récent mariage de M11• d'Uzès avec le duc de Luynes, qui patronait de sa présence les antisémites de la réunion de Neuilly? Mlle d'Uzès est cette jeune fille dont a parlé M. Drumont dans la Fin d'un monde, et qu'un journaliste juif appelait familièrement Simonne tout court, tant il était le familier de la maison. A l'occasion de son mariage, la noblesse française organisa une sorte demanifestation aristocratique. Le ban et l'arrière-ban des gentilshommes et desprudes dames avaient étéconvoqués. Unjournal, moniteur juif de l'aristocratie, a énumé1·éles princes, ducs, comtes, marquis et barons de toute qualité qui se pressaient au seuil de l'église Saint-Germain-des-Prés. Et au premier rang, qui voyait-on se prélasser? Maurice Ephrussi, les Rothschild, toute la tribu jui-re de la Bourse en bonne place. Quatre mille cadeaux avaient été offerts à la jeune mariée, dont les journaux ont décrit la corbeille de noce en publiant la liste des donateurs. Qu'on parcoure cette liste, on y trouvera le nom de M. de Rothschild! Et M. le duc de
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==